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Mardi 20 Mai 2008 à 00:00

Financement de l'audiovisuel public: la redevance en ligne de mire

La commission Copé s'apprête à présenter mercredi ses propositions pour le financement d'une nouvelle télévision publique sans publicité, au moment où les pressions s'accentuent pour une révision de la redevance, principale source de revenus de l'audiovisuel public.

Mise en place le 27 février, après la décision présidentielle de supprimer la publicité sur les chaînes publiques, la commission avait remis à plus tard ce sujet épineux, en proposant d'abord une suppression progressive de la publicité jusqu'à son abolition totale à la fin de l'année 2011, et des "synergies" entre les chaînes. Ces propositions laissaient intacte la question de la redevance (116 euros par foyer), dont le ministre du Budget Eric Woerth avait assuré en février qu'elle n'augmenterait pas.

Pour trouver des ressources de substitution, le président Nicolas Sarkozy suggérait fin février dans sa lettre de mission à la commission un "panachage de ressources", en évitant d'évoquer une hausse éventuelle du produit de la redevance. Aucune question n'est "tabou" pour Jean-François Copé, président de la commission, ni pour le député UMP Patrice Martin-Lalande, qui co-préside l'atelier sur le financement. Mais Jean-François Copé n'est pas favorable à une augmentation massive de la redevance qui, selon lui, "ne peut pas régler tout le problème".

Les syndicats de l'audiovisuel public, regroupés au sein d'une intersyndicale, et entendus par l'atelier sur le "modèle économique", ne sont pas hostiles à une forte augmentation de la redevance. Une opinion partagée par les producteurs d'oeuvres audiovisuelles. Selon eux, l'amélioration du produit de la redevance est "la voie la plus légitime pour compenser la perte des recettes".

Tous font valoir que le montant de la redevance par foyer est bien plus élevé chez les voisins européens de la France. Une augmentation de la redevance à 161 euros par foyer, la moyenne européenne, rapporterait plus d'un milliard d'euros supplémentaires, alors que le manque à gagner annuel pour France Télévisions est évalué à 850 millions d'euros. Pour manifester leur inquiétude, les syndicats de France Télévisions appellent le personnel du groupe public à cesser le travail pendant une heure, mercredi.

Les parlementaires socialistes membres de la commission dénoncent le "sous-financement" de la télévision publique, "premier pas vers un démantèlement progressif du service public et sa privatisation". Pour y remédier, le PS propose un élargissement de l'assiette de la redevance et une augmentation de la taxe sur la publicité. Pour sa part, Jean-François Copé préfère mettre en avant les solutions alternatives, déjà évoquées dans la lettre de mission de la commission: une contribution des opérateurs de télécommunications, dont certains commencent à éditer des programmes audiovisuels, ou une contribution des chaînes de télévision privées, censées bénéficier du report des recettes publicitaires.

Les opérateurs télécoms se sont déclaré lundi prêts à verser une contribution sur leurs recettes publicitaires pour aider à financer la suppression de la publicité dans l'audiovisuel public, mais seulement si d'autres médias le font aussi. Mais cette proposition devrait rencontrer peu d'enthousiasme chez TF1 et M6 qui ont subi une baisse de leurs recettes publicitaires au début de l'année 2008, en raison, dit-on chez TF1, de la "désorientation" du marché provoquée par la décision du président Sarkozy.
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