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Samedi 24 Mai 2008 à 00:00

Le plus difficile: "Ne pas regarder la télé"

Pour Selma, 10 ans, une des 259 élèves de l'école primaire du Ziegelwasser à Strasbourg qui se sont engagés à se priver d'écran de toutes sortes pendant dix jours, "ne pas regarder la télé" reste le plus difficile, surtout les premiers jours.

Depuis mardi, les enfants de cette école de la périphérie strasbourgeoise ne regardent volontairement aucun écran de télévision, d'ordinateur ou de console de jeu, une première en Europe. Avant le démarrage de l'expérience, chez les Altikulac, la télévision comme l'ordinateur, ce n'était déjà jamais plus d'une demi-heure par jour. En bon père de famille, Celmi, 40 ans, ouvrier, explique veiller à ce que Selma comme ses trois autres soeurs fassent leurs devoirs en rentrant de l'école.

"Je leur explique que la vie c'est difficile, qu'il faut faire des études. Je n'accepterais pas qu'elles passent 3-4 heures devant la télé, en plus il y a beaucoup de conneries, même les dessins animés sont très violents parfois", dit-il. Selma montre son carnet de bord avec son contrat, signé, par lequel elle a "décidé d'essayer" pendant les 10 jours qui viennent "de ne plus regarder la télévision à la maison".

Dans ce carnet, qu'elle tient rigoureusement à jour, elle a écrit ce qu'elle a fait avant d'aller à l'école, le mardi 20 mai, premier jour du défi. "J'ai mangé mon petit déjeuner que j'ai pris avec ma petite soeur et je me suis préparée", peut-on y lire. En temps normal, comme presque chaque matin elle aurait allumé le poste un petit quart d'heure, commente son père. Et le midi ? Elle a écrit "J'ai regardé la télé. France 2". Sourire. "Oui, mais là on avait le droit, c'était un reportage sur notre école", répond-elle cherchant l'appui de son père.

Toutefois, elle reconnaît que son rythme de vie a changé. Pour aider les enfants la journée, l'école organise plus d'activités que d'habitude: ateliers basket, cuisine, couture, circuit en ville et atelier journal où l'ordinateur est toléré, car il sert d'outil de travail. Le soir quand elle rentre de l'école, elle joue un peu plus avec sa petite soeur, lit un "Titeuf", puis, avant de se coucher, tient à jour son carnet qu'elle fait relire à ses parents pour la validation des points. Ce qu'elle a préféré le premier jour ? "rien". Et le plus difficile : "Ne pas regarder la télé". Cette phrase, elle l'écrira à nouveau le lendemain.

Mais l'abstinence commence à payer. En deux jours Selma a déjà marqué beaucoup de points: 11 sur les 12 qu'elle pouvait gagner. "Quand la maîtresse nous demande le matin qui a regardé la télé, c'est les garçons qui lèvent le doigt." Notamment parce que "la veille il y avait Manchester-Chelsea", commente son père qui a lui aussi regardé le match. Selma explique que ce qui la motive c'est "l'envie de marquer des points, arriver premiers", le défi de l'école étant collectif. "Je suis quand même pressée que ça se termine", glisse-t-elle en souriant.

Quant à savoir si elle compte avoir une télé quand elle sera grande: elle répond avec malice: "J'en aurai une tout de suite quand j'aurai un mari". Finalement, la télévision, ce sont ses parents qui la regardent le plus. Depuis peu, une télévision grand écran a remplacé le "petit" poste dans le salon des Altikulac. "Je voulais me faire plaisir, il y a bientôt le championnat d'Europe de football. Il y a l'équipe nationale turque qui jouera et on sera supporteurs", dit le papa qui reconnaît que, l'expérience terminée, il faudra alors faire exception à la règle.
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