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Mercredi 28 Mai 2008 à 00:00

Le gel de la redevance complique la tâche de la commission Copé

Nicolas Sarkozy a exclu mardi toute augmentation de la redevance audiovisuelle, rejetant une des pistes envisagées pour financer la suppression de la pub dans l'audiovisuel public et coupant l'herbe sous le pied à la commission Copé qui doit rendre ses conclusions dans un mois.

Le chef de l'Etat a balayé l'éventualité d'une augmentation, même modeste, de la redevance. "Je me suis engagé toujours à ce qu'il n'y ait pas d'augmentation de la redevance", a-t-il dit soulignant que "(sa) politique, c'est de diminuer l'Etat, de diminuer les prélèvements, de libérer le travail et de faire en sorte que les gens ne soient plus assommés de prélèvements supplémentaires".

La semaine dernière, la commission présidée par Jean-François Copé, qui planche sur le financement de France Télévisions après la suppression de la publicité, a proposé trois scénarios. La redevance joue un rôle dans chacun, que ce soit par le biais d'une indexation sur le coût de la vie, d'une augmentation ou d'un élargissement de l'assiette. Sa simple indexation sur l'inflation permettrait en 2009 de dégager 60 millions d'euros et 190 millions à l'horizon 2012.

Cette mesure, avait convenu Jean-François Copé, avait fait l'unanimité de la commission. Le montant de la redevance (116 euros par foyer, une des plus faibles d'Europe) n'a pas été augmenté depuis 2002. Pour une inflation de 2%, son indexation reviendrait à une augmentation de 2,32 euros. Membre de l'atelier financement de la commission Copé, le député socialiste Patrick Bloche a affirmé que cette commission avait "perdu sa raison même d'exister".

"On voit de façon criante qu'à l'heure d'aujourd'hui l'audiovisuel public sans publicité n'est pas financé et que tout le travail patient de la commission depuis plusieurs mois se trouve complètement balayé par les déclarations du président de la République", a-t-il dit. "Copé s'est retrouvé avec la patate chaude. Il a donné un sens au travail de la commission au travers de ces trois hypothèses, il avait sans doute l'idée d'aller jusqu'au bout et le président de la République lui a coupé les jarrets", a commenté M. Bloche.

Egalement membre de la commission, le député Didier Mathus (PS) a jugé que M. Sarkozy excluait "en gros toute taxe, toute création de taxe, ce qui voudrait dire qu'il a condamné la commission Copé". "C'est une tentative d'étouffement de la télévision publique", a-t-il estimé. Du côté des syndicats, le chef de l'Etat a signé "l'arrêt de mort de l'audiovisuel public" pour la CGT de l'audiovisuel public.

Selon le syndicaliste Jean-François Téaldi, le seul scénario restant pour financer France Télévisions est "la taxation des recettes publicitaires des chaînes privées et des opérateurs de téléphonie mobile", qui sera "vraisemblablement retoqué par Bruxelles" selon lui. Carole Petit du SNJ de France Télévisions a considéré que M. Sarkozy intervenait "sur le travail à venir de la commission Copé en imposant sa vision des choses". "Il n'y a pas d'avenir pour l'audiovisuel public sans l'augmentation de la redevance. Maintenant c'est clair, on sait à quoi s'en tenir", a-t-elle insisté.

L'intersyndicale de l'audiovisuel public a appelé à un arrêt de travail de 24 heures pour le 18 juin, une semaine avant la remise du rapport de la commission Copé, un mouvement qui était prévu avant même les propos de M. Sarkozy.
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