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Lundi 2 Juin 2008 à 00:00

Afghanistan: les populaires soap-operas indiens sous pression des religieux

Dans un pays déchiré par 30 ans de guerre, de très populaires soap operas indiens offrent aux Afghans une évasion de leur vie quotidienne.

Mais les mollahs, appuyés par le ministère de l'information, veulent interdire ce qu'ils voient comme une source de corruption. "Je ne suis pas le père de cet enfant", accuse Mehir Verani: sa vertueuse épouse Tulsi, en état de choc, lui lance un regard larmoyant, sur fond de musique lancinante marquant pour des millions d'Afghans la fin haletante de l'épisode du soap-opera indien le plus populaire du pays.

"C'est encore un complot contre Tulsi. Je suis trop anxieux de voir comment elle va s'en sortir cette fois", s'interroge après la diffusion Noor Agha, 50 ans, vendeur de pièces détachées, qui suit la série depuis quatre ans sur la chaîne de télévision privée Tolo.

Mais de même que l'honneur de Tulsi est mis en cause, l'avenir de la série du même nom s'est soudainement assombri, sous la pression des milieux conservateurs, qui en réclament l'interdiction. La représentation de la femme dans les séries indiennes irrite particulièrement les religieux: abondamment maquillées, elles ne couvrent jamais leur tête et les saris indiens exposent à la vue les bras et les jambes nus, même s'ils sont désormais floutés.

Encore pire, ces séries font la part belle aux divinités hindous. "On peut voir des fidèles s'incliner devant une idole. Vous ne croyez pas que cela aura un impact négatif sur les enfants", demande le religieux Hayaz Niazi depuis sa mosquée à Kaboul. "Nous avons besoin d'une télévision et de médias qui soient fondés sur notre propre culture et notre propre foi", poursuit-il.

Cette critique est relayée par des parents soucieux. "Quand mes enfants voient à la télévision un autre enfant adorer une idole hindoue, lui demander quelque chose et l'obtenir aussitôt, ils croient que c'est ce qui arrive. Je ne veux pas les voir oublier le vrai Dieu", s'inquiète un habitant de Kaboul, Bahram Sarway. Ces préoccupations sont balayées par le directeur de Tolo, Zaid Mohseni, qui a créé la chaîne après la chute fin 2001 des talibans, qui avaient interdit télévision et cinéma.

"Suggérer que des gens puissent soudainement cesser d'être musulmans juste parce qu'ils ont regardé une émission est non seulement insensé mais aussi insultant, en suggérant que leur foi est si peu assurée", juge-t-il. En s'en prenant à Tulsi, c'est l'ensemble des activités de Tolo TV qui est visé, selon lui et il se déclare prêt à un affrontement judiciaire. "Supprimer Tulsi impliquerait une importante perte d'argent, qui se répercuterait sur d'autres programmes qu'elle permet de financer", affirme-t-il.

Il en va ainsi des programmes d'information, des talk-shows politiques et surtout des émissions satiriques qui ont fait la célébrité de Tolo, l'une des rares chaînes du pays à critiquer ouvertement les autorités. Pour les défenseurs des médias, les menaces d'interdiction, qui ont recueilli le soutien du président Hamid Karzaï, ont une résonance beaucoup plus politique que religieuse.

"La popularité d'Hamid Karzaï a beaucoup souffert de son inefficacité, mise en lumière par les médias. Karzaï veut que les médias arrêtent de dire aux gens à quel point il a échoué, alors que les élections présidentielles vont avoir lieu l'année prochaine", estime Fahim Dashti, rédacteur en chef de l'influent Kabul Weekly et porte-parole de l'Union nationale des journalistes en Afghanistan. "La président utilise cette campagne pour montrer qu'il est un bon musulman, et attirer le soutien des cercles conservateurs avant les élections", assure-t-il.
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