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Mercredi 4 Juin 2008 à 00:00

Elkabbach quitte la tête d'Europe 1, remplacé par un dirigeant de Canal+

Le journaliste emblématique d'Europe 1 Jean-Pierre Elkabbach est remplacé par Alexandre Bompard à la présidence de la station, qu'il occupait depuis avril 2005, alors que la radio traverse depuis plusieurs années une période difficile.

Le départ de M. Elkabbach, 70 ans, s'effectuera "dans les prochaines semaines", a indiqué Didier Quillot, président du directoire de Lagardère Active (branche médias de Lagardère), lors d'une conférence de presse dans les locaux de la station, à laquelle participaient également le patron du groupe, Arnaud Lagardère, et Jean-Pierre Elkabbach.




Didier Quillot,président du directoire de Lagardère Active.

Le journaliste conservera son interview politique de 8H20 et son rendez-vous dominical. Il est nommé président d'une nouvelle entité, Lagardère News. Cette société aura pour mission la coordination et la supervision éditoriale des quatre médias infos du groupe, à savoir Europe 1, Paris-Match, le Journal du Dimanche et Newsweb --qui édite des contenus sur internet.

Lagardère News aura également pour tâche les mises en place d'un fil d'informations commun et d'une stratégie d'intégration entre le web et les médias traditionnels, et une réflexion sur l'évolution du métier de journaliste, a indiqué Didier Quillot. Chacune des sociétés "conservera sa légitimité et son indépendance éditoriale". Alexandre Bompard, 35 ans, est depuis 2005 directeur du pôle sport de Canal+.

Enarque, M. Bompard a été inspecteur des finances puis en 2003 conseiller technique au cabinet de François Fillon, alors ministre du Travail et des Affaires sociales, avant d'entrer à Canal+ en 2004 comme directeur technique du président de Canal+, Bertrand Méheut. La grille de rentrée est préparée par MM. Bompard, Quillot et Elkabbach. "Je ne m'attarde pas sur mon émotion mais je veux dire ma gratitude devant les équipes d'Europe 1. Il y a bien sûr un sentiment d'inachevé, mais je sais que toute symphonie est inachevée", a déclaré mardi M. Elkabbach, soulignant que "la rédaction d'Europe 1 avait été "rajeunie et féminisée" sous sa présidence.

Europe 1 traverse depuis quelque temps une passe difficile. L'audience de la station avait dévissé à la rentrée 2006 et Europe 1 n'est parvenue que partiellement à remonter la pente depuis. Elle se situe actuellement, en terme de part d'audience, derrière RTL, NRJ, France Inter et France Info. Il y a un an, la rédaction avait exprimé à plusieurs reprises son malaise devant un plan de réductions d'effectifs à Lagardère Active. Enfin, fin avril, Jean-Pierre Elkabbach avait suscité la colère de sa rédaction en expliquant que l'annonce erronée de la mort de Pascal Sevran au journal de 19H00 relevait d'une "erreur collective".

La Société des rédacteurs avait alors rappelé que M. Elkabbach avait été le seul "donneur d'ordre" pour passer cette information. Arnaud Lagardère a indiqué mardi qu'il souhaitait initialement que le départ de Jean-Pierre Elkabbach de la présidence de la station soit annoncé en septembre pour qu'il n'y ait pas d'amalgame avec l'"affaire Sevran". Mais "Jean-Pierre a insisté pour que cela se fasse avant l'été afin de ne pas perdre de temps" pour la constitution de Lagardère News, a-t-il expliqué.

Au sein de la rédaction d'Europe 1, "on espère que le nouveau président saura obtenir de l'actionnaire Lagardère des moyens pour véritablement relancer la radio", a déclaré à l'AFP Olivier Samain, délégué SNJ. "Les troupes d'Europe 1 restent un peu secouées par la promesse non tenue d'Arnaud Lagardère d'un renforcement des moyens quand Jean-Pierre Elkabbach avait été nommé" président, a-t-il ajouté.




Le journaliste de radio et de télévision Jean-Pierre Elkabbach, 70 ans, qui va quitter la présidence de la radio Europe 1, a connu une carrière en dents de scie, alternant postes prestigieux et traversées du désert. Passionné, enthousiaste, professionnel reconnu, mais aussi brocardé pour ses amitiés politiques supposées et imité pour son ton de voix si particulier, Jean-Pierre Elkabbach catalyse les passions. Après avoir étudié à l'Institut d'études politiques de Paris, il a commencé sa carrière comme correspondant de la RTF à Oran, la ville où il est né le 29 septembre 1937, pour partir ensuite à Constantine et à Alger.

En 1961, il est nommé à Paris. En mai 1968, à France Inter, il connaît un moment de purgatoire, pour avoir fustigé les "censeurs", avant de passer à la télévision en 1970, où il présente le journal de la Une puis de la Deux. En 1974, à l'occasion de l'éclatement de l'ORTF, il est à nouveau écarté du petit écran. Il revient alors à la Maison Ronde de la radio où son émission, "13-14", sur France Inter, est un succès. En janvier 1977, sa nomination à la tête de l'information d'Antenne 2 s'accompagne de plusieurs départs au sein de la rédaction. Conspué au soir du 10 mai 1981 pour ses attaches giscardiennes présumées, il est évincé de la chaîne publique.

Après son départ forcé, il s'attèle à l'écriture d'un livre, "Taisez-vous Elkabbach", avec sa femme, la romancière Nicole Avril. Le titre faisait allusion à la réplique que le secrétaire général du PCF Georges Marchais lui avait lancée lors d'une interview sur Antenne 2. L'année 1982 marque son arrivée sur Europe 1, pour lancer "Découvertes". Fort du succès de cette émission, il devient ensuite directeur d'antenne puis l'année suivante directeur général adjoint.

Pour son retour sur le petit écran, Jean-Pierre Elkabbach devra attendre 1991, où il rejoint les rangs de La Cinq. Après la mort de la chaîne, Hervé Bourges l'invite à rejoindre France 3, où il anime "Repères", une émission mensuelle, devenue ensuite hebdomadaire. En 1993, il devient PDG de France 2 et France 3, où il entend donner leurs chances aux animateurs des nouvelles générations comme Jean-Luc Delarue, Arthur ou Nagui. Mais après la révélation des contrats de centaines millions de francs attribués aux animateurs-producteurs stars de France 2, il se voit acculé à la démission au bout de deux ans et demi de mandat.

Il préside la chaîne Public Sénat depuis sa création en 2000. Lorsqu'il prend les rênes d'Europe 1 en avril 2005, la station est en petite forme, et ses audiences cumulées, malgré un frémissement depuis 2007, placent la radio en cinquième position, derrière RTL, NRJ, France Inter et France Info. Pendant la campagne présidentielle de 2007, il est régulièrement brocardé par les Guignols de Canal+ pour sa proximité supposée avec Nicolas Sarkozy. Dernièrement, début mai, Jean-Pierre Elkabbach a été contraint de s'expliquer devant le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) après que sa radio, avait annoncé, sur ses indications, le 21 avril, à tort, la mort de Pascal Sevran. L'animateur n'était décédé que le 9 mai.

Le journaliste avait alors indiqué dans les colonnes du Parisien qu'il s'agissait de la première grosse erreur de sa carrière. Décoré chevalier dans l'Ordre de la Légion d'honneur par François Mitterrand, Jean-Pierre Elkabbach est co-auteur d'une série d'entretiens télévisés avec l'ancien chef de l'Etat. Il est le père de la comédienne Emmanuelle Bach.




Alexandre Bompard, 35 ans, prendra les rênes "dans les prochaines semaines" de la station Europe 1, remplaçant ainsi Jean-Pierre Elkabbach à la tête de cette radio, en perte de vitesse depuis quelques années. Alexandre Bompard est né le 4 octobre 1972 à Saint-Etienne. Son père, Alain Bompard, a dirigé le club de football AS Saint-Etienne de fin 1997 à 2003. Enarque, il débute sa carrière comme inspecteur des finances. Il entre comme conseiller technique en 2003 au cabinet de François Fillon en 2003, alors ministre des Affaires sociales et du Travail.

Alexandre Bompard travaille sur les réformes de la sécurité sociale et de la formation professionnelle. Il rentre à Canal+ en 2004, pour devenir le directeur de cabinet du président du groupe, Bertrand Méheut. Depuis 2005, il dirigeait le pôle sport du groupe audiovisuel, où il a succédé à Michel Denisot. Il appartenait à "l'équipe resserrée" qui a négocié fin 2007 et début 2008 l'obtention des droits télévisés pour la Ligue 1 de football. A Canal+, il s'occupait également des relations avec les institutionnels (Conseil supérieur de l'audiovisuel, Parlement...).

Canal+ a indiqué souhaiter à Alexandre Bompard "ses voeux de succès pour ses nouveaux projets". Annonçant sa prochaine venue au sein du groupe Lagardère, Didier Quillot, président du directoire de Lagardère Active (la branche média de Lagardère), s'est déclaré "particulièrement heureux de l'arrivée d'Alexandre à (ses) côtés". "Nous nous connaissons professionnellement et personnellement depuis plus de sept ans, c'est un grand manager qui a acquis une parfaite maîtrise du marketing, de la gestion et des contenus audiovisuels dans un grand groupe audiovisuel".

Selon des sources internes à Europe 1, qui ne veulent pas être citées, "la rédaction voit plutôt comme un "signal positif" la nomination d'un "jeune" président. Alexandre Bompard est marié et père de trois enfants.
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