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Lundi 9 Juin 2008 à 00:00

Vif débat en France sur le financement et l'avenir de la télé publique

L'avenir de la télévision publique en France fait l'objet d'un vif débat depuis l'annonce par Nicolas Sarkozy de la suppression de la publicité, qui crée un casse-tête pour son financement et vaut au président d'être accusé de vouloir favoriser les groupes privés.

Les partisans du service public assurent que cette réforme va "saigner" France Télévisions -qui regroupe les cinq chaînes françaises de télévision publique- et mettre à mal le pluralisme et la création audiovisuelle. D'autres estiment le changement inévitable et reprochent à France Télévisions d'être un mastodonte ingérable, écartelé entre sa fonction de service public et la course à l'audience face aux chaînes privées.

Malgré la concurrence de plus en plus vive de petites chaînes thématiques, la première chaîne du pays, TF1, arrive largement en tête en parts d'audience et ses journaux d'informations laissent loin derrière ceux du service public. Le 8 janvier, M. Sarkozy avait créé la surprise en proposant une suppression de la publicité et une révision du cahier des charges, au nom de la "qualité du service public" qui "ne peut pas fonctionner selon des critères purement mercantiles".

C'est "l'existence même de France Télévisions (qui) serait menacée", si cette mesure était mise en oeuvre sans qu'une source de financement "pérenne" ne soit mise en place, a mis en garde la Société des journalistes de France 2, principale chaîne généraliste du groupe. Un message relayé lundi par plus d'un millier de professionnels du spectacle et de l'audiovisuel, réunis dans la salle d'un théâtre parisien.

En février, une grève de 24 heures avait frappé l'ensemble de l'audiovisuel public, un mouvement sans précédent depuis l'éclatement en 1974 de l'ORTF, l'organisme public qui regroupait télévision et radio. Le quotidien Le Monde accusait jeudi Nicolas Sarkozy de souffler "le chaud et le froid" sur l'indépendance des médias, avec des mesures qui risquent, tout en apportant "300 à 400 millions d'euros" de recettes publicitaires supplémentaires aux chaînes privées, de priver France Télévisions de "financements essentiels à sa mission de service public".

Le regroupement envisagé des rédactions suscite notamment la colère des journalistes du service public, qui y voient une atteinte au pluralisme. Une commission dirigée par le chef de file des députés UMP (droite, au pouvoir), Jean-François Copé, a présenté en mai plusieurs pistes, dont une taxe prélevée sur les recettes des chaînes privées des opérateurs internet et de téléphonie mobile, tout en privilégiant la plus simple: une hausse de la redevance annuelle payée par les Français (116 euros/an).

Mais Nicolas Sarkozy vient d'exclure toute hausse de la redevance, provoquant le départ de la commission des quatre parlementaires socialistes et des deux communistes. "La France n'a tout simplement pas les moyens de se payer une télévision publique sans publicité", a conclu l'un d'eux, cité par le quotidien Libération. La suppression de la publicité priverait France Télévisions de près de 800 millions d'euros annuels, les 2/3 de ses ressources (1,9 milliard d'euros) venant de la redevance.

La ministre de la Culture, Christine Albanel, indique aussi "réfléchir" à "repenser la règle interdisant à un même groupe de détenir à la fois un journal national, une télévision et une radio". L'opposition de gauche souligne quant à elle les "amitiés" de Nicolas Sarkozy avec les patrons des médias, dont Martin Bouygues, propriétaire de TF1 et parrain d'un des fils du président français. Et rappelle que la première conséquence de l'annonce de M. Sarkozy en janvier avait été la montée en bourse immédiate des actions des chaînes privées.
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