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Vendredi 20 Juin 2008 à 00:00

De l'Euro aux JO, le contrôle des images fait débat

La polémique opposant l'UEFA à des chaînes suisses et autrichiennes sur la production et le contrôle des images de l'Euro-2008 pourrait n'être qu'une péripétie au regard du débat qui s'annonce autour des JO de Pékin dont les images seront fournies et formatées par les organisateurs chinois.

Le 15 juin, l'ORF (autrichienne) et la SRG-SSR (suisse), arguant du fait que des incidents entre supporters étaient restés invisibles, avaient accusé l'UEFA de censurer les images de l'Euro que pour la première fois la fédération européenne produit et livre aux chaînes, privées ainsi d'une de leurs prérogatives. Si la réponse de l'UEFA - les chaînes ont à leur disposition plusieurs flux d'images UEFA et celles de leurs propres caméras, suffisantes pour balayer un stade - a apaisé le débat, le problème du contrôle des images des compétitions par les organisateurs reste d'actualité, surtout à moins de 50 jours de JO chinois placés sous le signe de la suspicion en matière d'accès à l'information.

Film édulcoré

"La question de la censure des images de l'Euro est une simple réaction prétexte des chaînes qui se sentent dépossédées", note le sociologue Jacques Blociszewski, auteur du livre "Le match de football télévisé". Selon lui, la "patte" UEFA n'a que peu modifié le rendu télévisuel des matches de l'Euro et l'a même "allégé" en le dépouillant des artifices souvent ajoutés par les chaînes comme le révélateur de hors-jeu ou l'abondance de ralentis sur les fautes.

"Mais ce n'est rien par rapport aux JO de Pékin qui pourraient être beaucoup plus problématiques", poursuit-il, rappelant l'exemple des Jeux d'Atlanta en 1996 que la chaîne américaine NBC avait été accusée d'avoir formatés à sa guise, à coup de faux directs et de mises en scène. La mainmise des organisateurs chinois sur les images des JO est d'autant plus sujette à inquiétude depuis le film édulcoré du voyage planétaire de la flamme olympique.

Pékin, qui produira les images par le biais de la société BOB -Beijing Olympic Broadcasting, une joint-venture créée par le comité d'organisation (BOCOG) et OBS, société de production du Comité international olympique- avait alors montré des velléités de censure difficilement acceptables par les diffuseurs. France Télévision s'était ainsi insurgée contre l'idée d'un décalage de quelques secondes entre la prise des images et leur retransmission, comme l'avait pratiqué la télévision chinoise lors de la très mouvementée cérémonie d'allumage de la flamme à Olympie en Grèce fin mars.

Consignes

"Nous avons obtenu les garanties du CIO et du BOCOG que les choses se passeront normalement, avec un signal live-live. Et les mises en place que nous faisons là-bas le confirment: il n'y aura pas de filtrage", indique Jean Réveillon, secrétaire général de l'UER (Union européenne de radio-télévision) qui dit pourtant s'alarmer de cette tendance marquée des fédérations, initiée par le CIO et la Formule 1, à vouloir maîtriser les images de leurs compétitions. "Nous souhaitons maintenir un travail éditorial et journalistique. Il y a des risques, de grands événements où l'on sent les caméras s'attarder sur les sponsors", poursuit M. Réveillon.

"Pour l'Euro, l'UEFA a donné des consignes" selon lesquelles le flux principal d'images est centré sur le jeu. A contrario, pour les JO, "il n'y a pas eu de consignes, même s'il faut rester vigilant", estime-t-il, rassuré par la présence aux manettes de la production olympique d'un ancien de l'UER, le réalisateur Manolo Romero. Au-delà de la question de la sincérité des images des compétitions olympiques, se pose celle de la liberté de l'information hors des stades.

A Pékin, la prise d'images sans autorisation préalable et leur diffusion différée seront possibles durant les JO. En revanche, des chaînes étrangères ont demandé aux autorités chinoises de pouvoir montrer la place Tiananmen en direct pendant toute la durée des JO afin de faire de ces images une sorte de fond d'écran. L'absence de réponse ne laisse rien augurer de bon.
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