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Jeudi 3 Juillet 2008 à 00:00

France Télévisions: Carolis rue dans les brancards

Le président de France Télévisions, Patrick de Carolis, a affiché mercredi pour la première fois son désaccord avec la réforme de l'audiovisuel public telle qu'elle est présentée actuellement par Nicolas Sarkozy, qu'il a égratigné au passage.

Dans une interview sur RTL mercredi matin, le patron du groupe audiovisuel public a estimé qu'il ne disposerait pas des moyens budgétaires nécessaires pour mener à bien la réforme lancée par M. Sarkozy, et il a vivement critiqué les propos du chef de l'Etat sur la qualité des programmes des chaînes publiques. Sur le plan financier, "j'estime aujourd'hui, d'après les déclarations des uns et des autres, que le compte n'y est pas, j'estime aujourd'hui que nous n'avons pas les moyens de nos ambitions futures", a déclaré M. de Carolis.

"A la fin de l'été, courant septembre, nous verrons si le compte y est" et "s'il n'y est pas, je prendrai mes responsabilités", a-t-il ajouté. Patrick de Carolis a par ailleurs indiqué mercredi s'être "expliqué très franchement" avec M. Sarkozy à propos de l'appréciation du chef de l'Etat sur les programmes des chaînes publiques. Lundi soir, lors de son interview sur France 3, le président de la République avait estimé que "les programmes de France Télévisions ressembl(aient) encore trop aux programmes d'une chaîne privée". Il avait souhaité "un vrai débat sur les missions de service public, le cahier des charges...".

"Lorsqu'on dit qu'il n'y a pas de différence entre la télévision de service public et les télévisions privées, je trouve cela faux, je trouve cela stupide, et je trouve cela profondément injuste", a réagi mercredi le patron de France Télévisions. "Depuis trois ans avec (le directeur général) Patrice Duhamel, avec les équipes de France Télévisions, nous nous efforçons de faire une télévision respectable et j'entends qu'elle soit respectée", a-t-il martelé, ajoutant qu'il était "bon qu'on laisse travailler les professionnels".

Six mois après avoir annoncé, à la surprise générale, la suppression de la publicité sur le service public, Nicolas Sarkozy a dévoilé mercredi dernier ses souhaits: suppression de la pub après 20H00 dès le 1er janvier 2009, suppression totale fin 2011. Le manque à gagner des recettes publicitaires sera compensé par une taxe sur le chiffre d'affaires des opérateurs de téléphonie mobile et internet, et une contribution des chaînes privées.

Un projet de loi devrait être présenté à l'automne. Patrick de Carolis a indiqué mercredi qu'il allait mettre "toute son énergie" à "travailler sur un plan d'affaires" avec la ministre de la Culture Christine Albanel. Philippe Bailly, directeur associé du cabinet NPA Conseil, voit dans l'intervention du patron de France Télévisions "une prise de marque par rapport à la négociation qui s'ouvre, plus qu'une préannonce de démission". Patrick de Carolis n'est pas contre la réforme de l'audiovisuel public et ses orientations éditoriales (plus de qualité) mais il a rappelé mercredi qu'il lui fallait des moyens et surtout que France Télévisions devait seule décider des grilles de programmes, souligne l'analyste.

La "sortie" de Carolis "rappelle l'accélération incroyable de ces douze derniers mois", note M. Bailly. La publicité devrait commencer à disparaître des écrans publics dans six mois, alors que "la discussion, à l'été 2007, concernait la possibilité d'une coupure publicitaire supplémentaire dans les programmes des chaînes publiques".
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