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Vendredi 2 Mars 2001 à 00:00

Le groupe Canal + découvre l'austérité

Après plusieurs années de fortes pertes et un endettement record, prix à payer pour son développement international, le groupe Canal+ se voit contraint à l'austérité et à la rigueur, pour répondre aux objectifs de croissance et de rentabilité de Vivendi Universal.

Le pôle télévision et cinéma de Vivendi Universal avait enregistré en 1999 une perte record de 2,2 milliards de francs (336 millions d'euros). Les pertes pour l'exercice 2000, qui doivent être annoncées pendant la première quinzaine de mars, devraient tourner autour d'un milliard (150 millions d'euros).

Parallèlement, toujours pour des raisons de développement tous azimuts à l'international, l'endettement du groupe s'est envolé pour atteindre plus de 16 milliards de francs (2,45 milliards d'euros) au 30 juin 2000, soit près de 215% de ses capitaux propres (1,14 milliard d'euros au 30 juin 2000).

Une telle situation financière, qui pesait déjà lourdement sur Vivendi lorsqu'il n'était actionnaire de Canal+ qu'à hauteur de 49%, ne pouvait guère perdurer après la fusion dans Vivendi Universal.

Canal+ doit donc faire le ménage dans ses activités et se serrer la ceinture. "Le mot d'ordre est d'améliorer le résultat net de 1 milliard de francs (150 M EUR) chaque année pendant trois ans", souligne une source proche du dossier. En augmentant l'activité et en faisant des économies. "On découvre l'austérité", remarque un employé. "Les budgets baissent et on doit faire attention à ce que l'on dépense". La chasse au "gaspillage" se niche partout, de l'approvisionnement en eau minérale -- "6 millions de francs d'économie par an en remplaçant les bouteilles par des fontaines" -- à la suppression du sponsoring d'une équipe de voile.

Des syndicats vigilants Mais les plus grosses inquiétudes viennent de l'emploi. "On nous a fait comprendre que les partants ne seraient pas remplacés et qu'il y aurait un gel des embauches extérieures", souligne un syndicaliste. Derrière les termes polis de la direction -- "formation complémentaire", "mobilité au sein du groupe" -- les syndicats craignent surtout un "plan social rampant" et restent vigilants. "Si le solde partants-entrants s'avère anormalement élevé, nous en informerons l'inspection du travail".

Le secteur le plus concerné est la production, "à cause des bouleversements qui vont avoir lieu dans les programmes en clair". On parle de la suppression pure et simple, à la rentrée, de "Nulle part ailleurs" (NPA), qui n'en finit plus de s'essouffler.

La chaîne est également en train de repenser sa couverture du cinéma. "Alexandre Drubigny (qui a succédé à Alain De Greef à la direction des programmes) passe en ce moment dans les services pour discuter de ce thème avec les intéressés", précise-t-on à Canal+.

Le groupe va commencer par lever le pied sur le Festival de Cannes, où ses équipes menaient traditionnellement grand train. NPA ne sera pas du voyage cette année, "même s'il y aura des plateaux de direct", et le dispositif sera allégé. Une décision qui devrait plaire à certains festivaliers qui se plaignaient de l'omniprésence de la chaîne cryptée. Les autres branches du groupe vont également devoir baisser leurs coûts ou leurs pertes (comme la filiale italienne Telepiu ou le PSG, qui selon nombre d'employés coûte fort cher pour des résultats médiocres).

Les chaînes thématiques sont ainsi en pleine recomposition capitalistique. Ce contexte est propice au malaise des employés. Le nombre de syndiqués, historiquement très faible, a été multiplié par quatre depuis l'annonce de la fusion en juin.

"Avant la fusion, on avait peur parce qu'on ignorait ce qui allait se passer", résumé un employé. "Aujourd'hui, on a peur parce qu'on sait".
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