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Vendredi 29 Août 2008 à 00:00

France Télévisions, en pleine mutation, veut marquer sa différence

France Télévisions a présenté jeudi sa nouvelle grille de programmes qui marquera encore plus largement, selon ses dirigeants, ses différences avec les chaînes commerciales, répondant ainsi aux reproches émis par Nicolas Sarkozy avant l'été.

Le groupe, qui verra la publicité supprimée sur ses antennes après 20H00 le 1er janvier, "ne changera pas de braquet en terme d'ambition éditoriale", a déclaré le président du groupe audiovisuel public Patrick de Carolis. "Cette rentrée va encore plus marquer notre différence", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse de présentation des grilles, dont la sobriété tranchait avec le faste de celle de l'année passée, à la salle Pleyel.

"La différence avec la télévision commerciale sera plus flagrante encore", a renchéri Patrice Duhamel, le directeur général. Et pour bien enfoncer le clou, le groupe a depuis cet été un nouveau slogan: "Le choix de la différence". Début juillet, Patrick de Carolis avait vivement protesté contre les déclarations du président de la République, qui estimait que "les programmes de France Télévisions ressembl(aient) encore trop aux programmes d'une chaîne privée".

Patrice Duhamel a promis "des efforts sans précédent qui vont s'intensifier malgré les contraintes de gestion" et une trentaine d'émissions nouvelles sur l'ensemble du groupe. "La culture sera encore plus présente et irriguera l'ensemble des grilles", avec par exemple chaque soir une première partie de soirée à contenu culturel, sur l'une des chaînes du groupe, a-t-il assuré.

Les programmes de début de soirée démarreront à 20H35 et un nouvel habillage marquera la fin de la publicité après 20H00, en janvier 2009. Il faudra alors financer des programmes pour remplacer les plages publicitaires d'après 20H00 et "cela ne peut pas ne rien coûter", a dit le directeur général. "Si on n'a pas de moyen supplémentaire, nous ferons des choix", a-t-il dit sans préciser lesquels.

Parmi les fictions diffusées cette année figurent notamment la deuxième saison de "Clara Sheller", une série inspirée des "Nicolas Le Floch", commissaire du 17ème siècle créé par le romancier Jean-François Parot, ou encore "Coco Chanel" sur France 2.

France 3 proposera "Marie Octobre" avec Nathalie Baye, "Le malade imaginaire" avec Christian Clavier, la série "Un village français"... Côté documentaires, une soirée spéciale Anne Franck et deux oeuvres sur la guerre de 14-18 seront sur France 2, tandis que France 3 mettra à l'antenne un portait en six épisodes de la France contemporaine "C'est quoi le bonheur?".

Chez France 5, des films sur Françoise Dolton, une collection sur les faits-divers, quatre fois 52 minutes sur "L'enfer de Matignon". Interrogé sur "Service maximum", le programme quotidien de Julien Courbet (venu de TF1) qui démarre en septembre, M. Duhamel a assuré qu'il s'agissait d'"une excellente émission de service public".

Pour l'information, le groupe veut accentuer "la priorité au direct" en cas d'événement. Les journaux télévisés devront continuer d'innover, a indiqué Patrice Duhamel, se félicitant de retrouver dans le JT de Laurence Ferrari sur TF1 des idées venues du JT de France 2, dont notamment le sujet développé dans la rubrique "Grand format".

France Télévisions a par ailleurs lancé un portail info (info.francetv.fr), qui rassemble le travail des rédactions de France 2, France 3, France 5 et France O, destiné à devenir la chaîne d'info sur internet de France Télévisions.

France Télévisions doit être profondément réformé, selon Carolis



Les dirigeants de France Télévisions ont martelé jeudi que leur entreprise n'avait "pas le choix": elle doit être profondément réformée, notamment par sa transformation en entreprise unique, parallèlement à la suppression de la publicité sur ses antennes à partir du
1er janvier 2009.

"A la veille d'une réforme sans précédent, le service public est à la croisée des chemins", a déclaré Patrick de Carolis lors de la conférence de rentrée du groupe."Son avenir se joue à l'Assemblée, au Sénat, au ministère de la Culture, à Bercy, à l'Elysée, il se joue ici aussi", a ajouté le président de France Télévisions.

C'était la première fois que Patrick de Carolis s'exprimait publiquement depuis début juillet, quand il avait menacé implicitement de démissionner de son poste, affirmant que "le compte n'y (était) pas" concernant le financement de la suppression de la publicité dans l'audiovisuel public. "Je ne changerai rien par rapport à ce que j'ai dit avant l'été. Je ne suis pas plus rassuré, pas plus inquiet", a-t-il déclaré jeudi. Le ministère de la Culture a indiqué début août que Patrick de Carolis devrait rester à son poste jusqu'à la fin de son mandat en 2010. Avec le directeur général de France Télévisions, Patrice Duhamel, ils ont dit attendre "les arbitrages", notamment ceux de l'Elysée début septembre. Mais au-delà de la suppression de la publicité et de sa compensation, Patrick de Carolis a insisté sur l'importance de l'échéance de 2012 et la nécessité de transformer France Télévisions, aujourd'hui une holding avec des filiales, en entreprise unique.

"Je veux un groupe audiovisuel public puissant pour affronter le basculement au tout numérique en 2012", a-t-il martelé, estimant qu'il s'agissait là de "la date importante que tout le secteur attend". "En 2012, l'entreprise que je préside devra avoir été profondément réformée", a déclaré Patrick de Carolis. "Nous n'avons pas le choix, c'est la dernière chance"."Nous sommes arrivés au bout d'un système, la réforme est inévitable. Soit elle est faite en interne par des professionnels, (...), soit d'autres la feront à notre place, et peut-être pas avec l'écoute que les professionnels peuvent avoir entre eux", a-t-il ajouté.

Dans le cadre de cette réforme, il a surtout évoqué la transformation du groupe en société unique, "pour devenir plus efficace et plus rentable", rappelant qu'il avait insisté sur l'importance de cette réforme avant même l'annonce "surprise" de la suppression de la publicité. "L'actionnaire (l'Etat, ndlr) proposera à l'automne une modification en ce sens de la loi de 1986", a ajouté Patrick de Carolis. La nouvelle structure devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2009 pour prendre le pas sur l'ancienne en plusieurs étapes d'ici à 2012.

Avec cette structure unique, "des salariés exerçant le même métier n'auront plus des conditions de travail différentes selon les chaînes", a expliqué à l'AFP Damien Cuier, directeur financier du groupe. "Les cloisons entre les chaînes" devraient tomber.

"L'ensemble des obligations du groupe sont globalisées, et non plus déclinées chaîne par chaîne", selon Patrick de Carolis. De leur côté, les syndicats SNRT-CGT et SNJ-CGT ont estimé dans un communiqué que les propos tenus par les dirigeants de France Télévisions étaient "loin de rassurer". Veulent-ils "casser les conventions collectives pour licencier à moindre coût?", se demande la CGT, qui redoute "un plan social de grande ampleur".
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