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Dimanche 14 Septembre 2008 à 00:00

Arabie Saoudite: le plus haut juge du pays jette l'anathème sur les patrons des télés

En jetant l'anathème sur les patrons des télévisions satellitaires arabes en plein mois saint du ramadan, le plus haut juge saoudien a exprimé le rejet par une partie de l'establishement religieux ultraconservateur d'Arabie du contenu de programmes qu'elle considère dépravés.

Cheikh Saleh Al-Luhiane a atténué dimanche l'appel au meurtre des patrons de ces chaînes, qu'il accuse de "corrompre" la société, mais il considère toujours qu'ils méritent d'être condamnés à mort par la justice. Ses propos ont eu d'autant plus de retentissement qu'ils émanent du chef du Conseil supérieur de la jurisprudence d'Arabie, la plus haute instance judiciaire de ce royaume ultraconservateur guidé par le wahhabisme, une interprétation rigoriste de l'islam. La polémique a commencé mercredi lors d'une émission de radio. Répondant à un auditeur, Cheikh Luhiane a vu dans les émission de variété une "sédition" et estimé que celui qui les diffusait "pourrait être tué, s'il n'a pas été possible de l'en empêcher".

Les chaînes satellitaires visées sont toutes à capitaux saoudiens. La principale, "Middle East Broadcasting Centre" (MBC), appartient à Walid Ibrahim, alors que Rotana fait partie du groupe du milliardaire Al-Walid ben Talal, qui contrôle aussi la chaîne "Lebanese Broadcasting Corporation" (LBC). Quant au bouquet ART, il est la propriété de l'homme d'affaires Saleh al-Kamel. Outre les variétés, ces chaînes, comme l'ensemble des télévisions arabes, multiplient les séries et émissions légères pendant le mois de ramadan, période durant laquelle les familles passent la soirée et une grande partie de la nuit devant la télévision. La série turque Nour, diffusée par MBC, qui raconte l'histoire d'un jeune couple musulman voulant concilier tradition et modernité, fait un tabac depuis plusieurs mois.

Devant les réactions suscitées par ses propos, Cheikh Luhiane a effectué dimanche une mise au point sur la télévision publique saoudienne. "Ce que j'ai voulu dire, c'est qu'il faut présenter (l'auteur du mal) à la justice et que c'est à la justice de se prononcer en appliquant les lois en vigueur", a-t-il déclaré. L'un de ses proches est allé dans le même sens en expliquant, dans une déclaration à l'AFP, que le juge avait simplement voulu "exprimer l'indignation des milieux religieux face au contenu de la majorité des programmes" télévisés. "Il a toutefois manqué de diplomatie et ses mots ont dépassé sa pensée", a-t-il poursuivi sous le couvert de l'anonymat. "Ce qu'il a vraiment voulu dire, c'est que la société est en droit de demander des comptes aux patrons de télévision (...) et qu'il est du droit de la justice d'aller jusqu'à les condamner à mort pour cela", a-t-il ajouté.

Le religieux a reconnu dimanche que sa déclaration, qui a valeur de "fatwa" (décret religieux), avait provoqué un tollé. La réaction la plus dure est venue d'un autre religieux saoudien, cheikh Abdel Mohsen Al-Ubaikane, qui est à la fois conseiller au ministère de la Justice et membre du Conseil consultatif, une assemblée désignée par le roi. Dans un communiqué, il a qualifié l'appel au meurtre "d'acte dangereux de nature à apporter de l'eau au moulin de la bande de déviants", terminologie officielle désignant le réseau Al-Qaïda. "C'est un cadeau offert sur un plateau en or aux terroristes. Ils peuvent en profiter pour enrôler nos jeunes et les pousser à tuer et à faire exploser les stations de télévision", a-t-il estimé.

"Il faut une réaction rapide des oulémas pour faire comprendre qu'il ne s'agit pas de la position et de la politique du royaume et encore moins des milieux officiels du pays", a-t-il souligné. "Les retombées seront néfastes pour l'Etat, la réputation de l'islam et celle de la justice saoudienne", a ajouté cheikh Ubaikane. En écho, deux journaux des Emirats, Gulf News et Emarat Al-Youm, se sont indignés de cet appel au meurtre, le premier estimant qu'il donnait "une mauvaise image de l'islam".
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