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Vendredi 9 Mars 2001 à 00:00

Les "gros débris" de Mir

Des débris d'une taille comparable à celle d'une voiture pourraient s'abîmer dans le Pacifique sud, lors de la destruction de la station spatiale russe Mir entre le 10 et le 15 mars.

Une demi-douzaine de gros morceaux de la station spatiale, vieille de quinze ans, sont susceptibles de tomber, après un dernier trajectoire passant au-dessus du Japon, dans une partie inhabitée du Pacifique sud, dans ce qu'on a baptisé le cimetière des engins spatiaux, situé entre la Nouvelle-Zélande et le Chili.

Mais sauf complication majeure - ce qui constitue une éventualité, selon les experts - les débris ne devraient pas chuter à moins de 5.000 kilomètres des côtes Est de l'Australie. Les autorités ont cependant envisagé de multiples plans d'urgence au cas où la destruction ne se déroulerait pas comme prévu. Toutefois elles disposeraient d'une heure seulement pour réagir.

David Templeman, directeur des services d'urgence du gouvernement australien (EMA), a indiqué être confiant dans le bon déroulement des opérations, ajoutant que ses services "ne sont pas inquiets". "Nous avons un haut degré de confiance dans la procédure de destruction de Mir, a-t-il déclaré lundi à la presse. Mais nous devons tout prévoir, comme nous l'avions fait lors du passage à l'an 2000". Les responsables de l'agence spatiale russe essayeront de contrôler la descente de Mir jusqu'au dernier moment. David Templeman a affirmé que la communauté spatiale internationale, y compris la NASA, n'avait aucun doute sur leur compétence.

Toutefois, le comportement de la station, une fois dans l'atmosphère, risque de devenir imprévisible. La plupart des pièces devraient se consumer dans l'atmosphère, mais certaines d'entre elles devraient avoir la taille d'une petite voiture et peser jusqu'à 700 kilos.

"En raison de l'imprévisibilité du comportement de Mir une fois dans l'atmosphère, il est prudent de mettre en place des mesures d'urgence appropriées, en vue d'un problème éventuel", a déclaré Templeton.

L'Australie voudrait disposer d'un agent de liaison au centre russe de contrôle des vols spatiaux (TSOUP), à Korolev, près de Moscou, afin que son gouvernement soit informé en temps réel. Elle a également averti les pays insulaires du Pacifique sud de prendre garde à la chute éventuelle de débris.

Le risque que la station orbitale tombe sur Terre d'une façon incontrôlée lors de cette opération "est de 2 à 3%", avait estimé récemment un responsable de l'opération, Vladimir Soloviev.
Selon lui, les débris tomberont dans le Pacifique sud, "dans une zone de quelques 200 km de large et de 5.000 à 6.000 km de long".

En 1979, la station américaine Skylab devait retomber dans l'Atlantique sud, mais elle s'était finalement abîmée dans l'océan Indien, après avoir survolé l'ouest de l'Australie.
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