Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Antennistes
Icon Facebook Icon Twitter Icon Rss
Bouton Newsletter TS
Mercredi 24 Septembre 2008 à 00:00

Crises, conflits et divisions, au Liban mieux vaut mourir... de rire

Guignols de l'info, parodies de discours, hommes politiques tournés en dérision, au Liban, face aux crises et conflits, mieux vaut mourir de rire.

Dans ce petit pays où presque tous les - nombreux - partis et dirigeants politiques possèdent une chaîne de télévision, les programmes satiriques prolifèrent, certains médias en diffusant trois par jour. Les dissensions des ténors politiques et leurs retombées sur la vie quotidienne, ainsi que leurs tics nerveux sont une matière féconde pour les comédiens. "Mieux vaut mourir de rire que mourir tout court. Le rire est une soupape de sécurité. Nous éclatons de rire plutôt que d'éclater de frustration", déclare le comédien libanais André Jadaa à l'AFP.

M. Jadaa et son camarade Pierre Chamassian animent depuis des années avec leur troupe un spectacle de chansonniers au théâtre et, depuis une année, le programme télévisé "14 sur 8" sur la chaîne LBC. Le nom du programme évoque la tension artérielle, en référence aux maux d'une patrie tiraillée entre deux blocs rivaux: celui du 14 mars représentant la majorité parlementaire antisyrienne, appuyée par l'Occident, et celui du 8 mars, l'opposition menée par le Hezbollah et soutenue par Damas et Téhéran.

La chaîne OTV du dirigeant chrétien d'opposition Michel Aoun offre "Maqlab Mratab", caméra cachée prenant souvent les hommes politiques pour cible. NewTV du magnat Tahsine Khayat présente "Erbet tenhal" (la solution s'approche) et Future News de Saad Hariri (majorité) Al-Nachra, parodie d'un journal télévisé. Le dernier né est "Douma Cratia", contraction de "démocratie" dont la première partie signifie "poupées" en arabe, présenté sur LBC, et qui rappelle les Guignols, une émission politique satirique française. "On ne rit jamais assez, surtout face aux situations désespérées", dit son créateur Charbel Khalil à l'AFP. "Une petite anecdote peut transmettre un message mieux qu'un long discours moraliste", ajoute-t-il.

Ses 52 figurines des principaux dirigeants politiques sont fabriquées en France. Chacune a besoin de trois personnes pour l'actionner, dit-il en vérifiant celles des deux chefs chrétiens, Samir Geagea des Forces libanaises (anti-syrien) et Soleimane Frangié, chef du Courant des Marada, allié de Damas. M. Khalil affirme n'épargner personne, mais respecte les trois interdits dictés par la loi libanaise: "le président de la République, les hommes de religion et les magistrats". "C'est pour celà que vous n'entendez que la voix du cardinal maronite Nasrallah Sfeir imitée par l'acteur Jean Boujadaoun", dit-il.

Si les satires sont cinglantes, elles sont généralement bien reçues. "La députée Nayla Mouawad, veuve du président assassiné René Mouawad, est la seule à nous avoir blâmés et par personne interposée", raconte M. Khalil. "Son imitation reprenant à son compte la chanson +Ana Haïfa+ de la sulfureuse Haïfa Wehbé et disant langoureusement +Ana Nayla+ (Je suis Nayla) l'a offusquée", dit-il. "Nos dirigeants détiennent des records de longévité politique. Nous connaissons donc à fond leur caractère", dit M. Khalil.

Le chef druze Walid Joumblatt "avec ses tics nerveux consistant à hisser une épaule en tournant le cou, son éternel jeans délavé, son crâne dégarni dont pendent des cheveux hirsutes est très facile à imiter", estime un comédien qui a requis l'anonymat. "En 25 ans, notre troupe s'est renouvelée contrairement à la scène politique libanaise. Même lorsqu'un dirigeant disparaît, assassiné ou par mort naturelle, son fils, frère ou épouse lui succède", ironise M. Jadaa.
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›
Marchés publics
Avis de délégation de service public
Hôpital d'Instruction des Armées Legouest : Avis de concession relatif à la gestion des services de téléphonie, de location de télévision et, en option, d'accès à internet.
» Consulter l'avis d'attribution