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Samedi 10 Mars 2001 à 00:00

Mir va être détruite faute d'argent

Les Russes vont détruire vers la mi-mars leur unique station spatiale Mir, qui incarne depuis 1986 la réussite de leur pays dans la conquête de l'espace, n'ayant plus les moyens financiers d'assurer sa survie.

Les Russes se sont engagés il y a plusieurs années dans le projet coûteux de la Station spatiale internationale (ISS) piloté par la NASA et ont rapidement compris qu'ils ne pourraient pas financer deux projets à la fois.

Le gouvernement russe a annoncé sa décision de désorbiter Mir en octobre dernier, après des mois d'hésitations et plusieurs tentatives infructueuses de sauver la station, dont celle d'y envoyer des "touristes" payants.

Fin janvier, les Russes ont commencé la première phase de l'opération, en lançant un vaisseau cargo Progress qui doit donner à la station des impulsions de freinage pour la faire descendre dans les couches denses de l'atmosphère où les 137 tonnes de Mir brûleront en majeure partie.

Jusqu'à 1.500 débris d'un poids total d'une vingtaine de tonnes devraient tomber dans le Pacifique sud, entre la Nouvelle-Zélande et le Chili, dans une zone de quelques 200 km de large et de 6.000 km de long. La chute de Mir ne devrait pas prendre plus d'une demi-heure.

C'est la première fois dans l'histoire de la conquête spatiale qu'un engin aussi énorme sera détruit et l'Agence spatiale russe affirme avoir pris des mesures de sécurité sans précédent. Les Russes ont eu beaucoup de mal à accepter cette perte.

Fin février, la Douma, chambre basse du parlement, a voté une résolution demandant au gouvernement de revenir sur sa décision de détruire Mir, une réalisation scientifique unique dont la valeur est aujourd'hui estimée à 1,5 milliard de dollars.

Plusieurs centaines de Russes ont manifesté à Moscou devant l'Agence spatiale contre la mise à mort de la station, estimant qu'elle entraînerait un grand nombre de licenciements puisque Mir faisait travailler près de 200.000 personnes. Près de 11 tonnes de matériel technique dont le coût est estimé à quelques 90 millions de dollars vont brûler à l'intérieur de la station lorsque celle-ci entrera dans l'atmosphère.

"Après la destruction de Mir, il nous faudra des années pour relancer un programme national de vols habités", a affirmé à l'AFP Alexandre Lazoutkine qui a passé six mois à bord de Mir en 1997. Plusieurs anciens cosmonautes craignent que la Russie ne joue qu'un rôle modeste dans le projet de l'ISS, en particulier dans les programmes scientifiques.

L'Agence spatiale russe a tenu à souligner que l'abandon de Mir était lié non seulement à des problèmes financiers, mais surtout à des raisons de sécurité. La station Mir avait été programmée initialement pour 5 ans en orbite, mais elle y est restée trois fois plus longtemps. Durant toutes ces années, Mir a connu plusieurs avaries qui ont nécessité des réparations, souvent de fortune. Laisser Mir dans l'espace, "c'est comme jouer à la roulette car nous risquons de perdre le contrôle de la station", a affirmé récemment le directeur de l'Agence spatiale Iouri Koptev.

Les constructeurs de la station estiment cependant que techniquement la station aurait pu encore fonctionner pendant au moins deux ans. Les cosmonautes russes Sergueï Zaliotine et Alexandre Kaleri sont les derniers à avoir vécu dans la station, qui a accueilli de nombreux équipages internationaux et notamment des spationautes français et américains.

Depuis la fin de leur mission le 16 juin 2000 financée par des fonds privés, Mir tourne à vide. "Pour nous, Mir était une maison en orbite. C'est triste de voir une partie de sa vie brûler en quelques minutes", regrette Sergueï Avdeïev qui a passé 748 jours à bord de Mir, un record mondial de séjour dans l'espace.
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