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Mardi 11 Novembre 2008 à 00:00

A Etel, les navires de pêche français pistés sur toutes les mers du monde

Sur un écran, une carte du monde, et au large des Seychelles une nuée de minuscules taches bleues: ce sont les thoniers français qui pêchent dans l'Océan indien et signalent leurs positions par satellite toutes les heures au Cross situé à Etel, au sud de la Bretagne.

Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage, plus connu pour secourir marins et plaisanciers en détresse, le Cross Etel est aussi le seul centre français chargé de la surveillance des pêches par satellite. Il veille ainsi sur un millier de navires français de plus de quinze mètres, qui lui transmettent leur cap et leur vitesse par les systèmes Immarsat ou Argos, qu'ils soient en train de draguer la sole dans le Golfe de Gascogne, pêcher le thon rouge en Méditerranée ou la crevette au large de la Guyane.

Sur le planisphère apparaissent aussi quelques points roses: des navires espagnols. Comme tous les bateaux qui entrent dans la ZEE (zone économique exclusive) française, une zone de 200 milles (370 km) au large des côtes, ils doivent se signaler. Si bien que les jours d'affluence "il y a jusqu'à 4.000 navires sur cette carte!", explique Céline Souvy, un des officiers préposés à la cellule pêche au sein du Cross Etel. Lorsqu'un bateau n'émet plus, le Cross envoie une alerte pour savoir s'il s'agit d'une simple "avarie" ou "d'un petit filou qui débranche sa VMS" ("vessel monitoring system"), la liaison satellite qui le relie à la terre, explique Hugues Vincent, responsable de la cellule pêche.

"Même si l'on ne peut jamais prouver une infraction grâce au satellite", explique-t-il, "c'est une aide". "Un chalutier qui va à trois noeuds (ndlr: 5,5 km/h) n'est pas en train de faire route...", ironise-t-il, et s'il se promène dans une zone où la pêche est interdite cela devient suspect. Le satellite peut alors être le point de départ d'une opération de contrôle. Travaillant de concert avec les administrations des affaires maritimes et des douanes, le Cross Etel peut mobiliser des patrouilleurs de haute mer ou faire décoller un avion de surveillance maritime Falcon ou un hélicoptère dans sa zone de compétence allant de la frontière espagnole au Mont-Saint-Michel. C'est parce que le Cross Etel est habitué des grosses opérations qu'il a ainsi été appelé en renfort lorsque la commission européenne "s'est fâchée" sur la surpêche du thon rouge, alors qu'il n'est pas compétent normalement pour contrôler les navires en Méditerranée, raconte Hugues Vincent.

Si les données satellite sont précieuses pour la surveillance des pêches, elles le sont aussi pour la sécurité. Depuis l'attaque à la roquette d'un thonier français au large de la Somalie par des pirates, les positions des thoniers de l'Océan Indien sont transmises systématiquement par le Cross à la Marine nationale. Quant à l'avenir, explique Hugues Vincent, "c'est l'échange de données", qui permet de mieux "coordonner les actions" entre les différents pays de l'UE et "d'éviter de se marcher sur les pieds". Déjà quelques accords existent. En témoigne sur la carte, au large du Danemark et de la Norvège, une petite armée de taches noires. Il s'agit de navires de pêche anglais qui communiquent leurs coordonnées à la France dans cette zone.
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