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Jeudi 27 Novembre 2008 à 00:00

Audiovisuel public: un ténor UMP prend son camp à contre-pied

Le rapporteur général du Budget UMP, Gilles Carrez, a pris son propre camp à contre-pied, mercredi à l'Assemblée, lors de l'examen du texte sur la réforme de l'audiovisuel public, sous les applaudissements de l'opposition.

D'ordinaire défenseur du gouvernement à l'Assemblée, M. Carrez a marqué cette fois-ci sa vive opposition au volet financement du texte, qui prévoit la suppression de la publicité sur les chaînes publiques et son remplacement par deux nouvelles taxes. "Il ne faut pas dès maintenant s'engager sur une suppression totale des recettes publicitaires à l'horizon fin 2011", a-t-il lancé à la ministre de la Culture Christine Albanel.

"Croyez-moi ! C'est le bon sens qui parle", a-t-il déclaré, en invoquant la situation économique très critique. Grand connaisseur des finances publiques, le député du Val-de-Marne a dénoncé l'instauration des deux taxes sur les télévisions privées et la téléphonie mobile. "Nous nous efforçons par tous les moyens de supprimer les impôts qui pèsent sur les entreprises... et on va créer des taxes sur le chiffre d'affaires, qui, à l'heure de la mondialisation et de la concurrence, ne devraient plus avoir lieu!", s'est-il insurgé. "Je ne voterai pas le financement" de la suppression de la publicité, avait-il déjà prévenu la veille. "Il y a un engagement formel de l'Etat de compensation (de la suppression de la publicité) dans cette loi", a répondu Christine Albanel. "Ce sont des taxes raisonnables", a-t-elle dit au sujet des deux taxes modulables envisagées (l'une sur les recettes publicitaires des chaînes privées pouvant varier entre 1,5% entre 3%, et l'autre sur le chiffre d'affaires des opérateurs télécoms).

De façon plus générale, la ministre s'est déclarée "choquée" par les "anathèmes" et "caricatures" qu'elle affirme avoir entendu de la part de l'opposition. Et de citer: "pouvoir dictatorial sur les chaînes", "mafia", "année de plomb", "asphyxie", "euthanasie", "cabinet noir", "télé-Moscou"... "Je crois que l'on est loin de la réalité", a-t-elle poursuivi, en défendant une "réforme courageuse", "prônée par de multiples personnalités qui ont souhaité la suppression de la publicité" comme, selon elle, le sociologue critique des médias Pierre Bourdieu. Devant la presse, un autre membre du gouvernement, Luc Chatel, s'était efforcé de dédramatiser la nomination du président de France Télévisions par le chef de l'Etat, avec avis conforme du Parlement et du CSA.

Face à cette mesure controversée, la gauche dénonce "un retour à l'ORTF". Que non, répond le ministre: "Aujourd'hui pour être élu président de France Télévisions, il faut intriguer auprès de sept personnes que personne ne connaît". Dans l'hémicycle, Marcel Rogemont (PS) a encouragé ses collègues à se comporter comme "des citoyens et non des sujets" face à ce projet de loi voulu par le chef de l'Etat. La députée UMP Muriel Marland-Militello a au contraire promis, grâce à la réforme, du "théâtre, le plaisir d'écouter des concerts ou de participer à des émissions littéraires ou des débats de qualité". "Non la culture n'est pas le pré carré de la gauche bien pensante. Elle s'inscrit au centre des préoccupations de l'UMP", a-t-elle conclu après cette description idyllique de la télévision publique.
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