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Vendredi 5 Décembre 2008 à 00:00

Audiovisuel: la gauche vent debout, Albanel envisage un décret sur la pub

La suppression de la publicité sur France Télévisions pourrait intervenir par décret, a indiqué jeudi le gouvernement, face à la gauche qui poursuit à l'Assemblée son combat, le plus intense depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, contre la réforme de l'audiovisuel.

"On regarde comment faire pour que, de toutes façons, la suppression de la publicité ait lieu le 5 janvier. Aucune décision n'est prise. Mais ça peut se faire par décret", a déclaré la ministre Christine Albanel (Communication) aux journalistes lors d'une des nombreuses suspensions de séance. "On est très serein. On est prêt à poursuivre le débat autant qu'il faudra", a-t-elle ajouté.

Cette éventualité d'un décret a exaspéré l'opposition, qui a ensuite concentré ses tirs contre l'autre disposition phare du texte: accorder au chef de l'Etat le droit de choisir les patrons de l'audiovisuel public. L'article sur leur nomination a toutefois été voté jeudi. "Fait du prince", "coup d'Etat audiovisuel", "naissance d'une télévision d'Etat", "régression démocratique"...: les députés PS, avec leurs collègues PCF et Verts, avaient durci le ton contre la nomination et la révocation des PDG de France Télévisions, Radio France et de l'audiovisuel extérieur (RFI, France 24, TV5) par le chef de l'Etat, après avis conforme du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) et du Parlement.

Soucieux de montrer leur pugnacité après avoir exposé leurs divisions à Reims, les députés PS ont laissé entendre qu'ils déposeraient un recours devant le Conseil constitutionnel sur ce volet-là. Le pouvoir de révocation a été comparé par la gauche à une "lettre de cachet" ou une "épée de Damoclès". "France Télévisions va être soumis aux humeurs du Prince", a déclaré Michel Françaix (PS).

Les syndicats de journalistes SNJ et SNJ-CGT y ont de leur côté vu un "retour à la télé d'Etat". Commencés le 25 novembre, les débats sont ralentis à dessein par une dizaine de députés PS, PCF et Verts qui prennent longuement la parole sur chaque article et amendement, font des rappels au règlement, demandent des suspensions de séance, des quorums, citent La Boëtie, Montesquieu, Alfred de Musset, Victor Hugo, René Char, Télérama, Les Echos, Le Monde...

Ce faisant, l'opposition estime qu'elle utilise tous les -maigres- moyens parlementaires à sa disposition pour faire son travail de "résistance" contre un texte qui menace, selon elle, l'avenir du service public et marque l'avénement de "l'ORTS, office de radio-télévision sarkozyenne" au bénéfice du "club des amis du Fouquet's". "Obstruction", dénoncent le gouvernement et la majorité UMP, qui tente d'abréger désormais le temps de parole de l'opposition en faisant jouer le règlement de l'Assemblée. Il est vrai que le temps presse pour l'exécutif. Le projet de loi doit entrer en vigueur avant le 5 janvier, date de la suppression de la publicité le soir sur France Télévisions, selon le voeu de Nicolas Sarkozy.

Les députés n'avaient voté que huit articles sur 56 jeudi en fin d'après-midi. Il est désormais quasi impossible de voter, comme prévu, l'ensemble du texte mardi prochain, selon des sources parlementaires. Jeudi, l'opposition a aussi particulièrement pris pour cible le président du Conseil supérieur de l'audiovisuel Michel Boyon dont elle demande la démission, le qualifiant de "valet du pouvoir". Une attaque "intolérable", a dénoncé le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre. Ex-directeur de cabinet de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, M. Boyon "ne manque pas à son devoir de neutralité", a réagi son entourage.
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