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Jeudi 11 Décembre 2008 à 00:00

Audiovisuel: chacun campe sur ses positions avant la bataille finale

L'exécutif et la gauche ont campé sur leurs positions mercredi autour de l'audiovisuel public, le gouvernement se disant résolu à faire adopter sa réforme, au besoin par décret pour la suppression de la publicité, l'opposition promettant de reprendre "la bataille" jeudi.

"Je ne veux évidemment pas mettre la télévision à ma botte", a lancé Nicolas Sarkozy en recevant à l'Elysée les députés UMP, pas tous convaincus de l'intérêt de la réforme (suppression de la publicité et nomination des responsables de l'audiovisuel public par le chef de l'Etat, avec avis conforme du CSA et du Parlement). "Martin Bouygues est mon ami depuis 30 ans, mais croyez-vous vraiment que c'est lui qui fait le Journal télévisé de TF1?", a-t-il demandé aux députés UMP, alors que la gauche l'accuse de vouloir faire des cadeaux au "club des amis du Fouquet's".

Le chef de l'Etat a été interpellé par le député chiraquien François Baroin. Ancien journaliste, M. Baroin a prévenu le chef de l'Etat qu'il s'abstiendrait sur cette réforme "qui te reviendra comme un boomerang" et dont "tu n'avais pas besoin". Réponse de M. Sarkozy: "C'est un procès d'intention que tu me fais sur la liberté de la presse. Tu y as été très fort, François. Je ne veux évidemment pas contrôler la presse, mais personne après moi ne reviendra sur la suppression de la publicité et sur la société unique".

Après l'Elysée, retour à l'Assemblée, où les débats doivent reprendre jeudi. Devant leur lenteur, le gouvernement a confirmé qu'il envisageait un décret -et non la loi- pour supprimer la publicité le soir sur France Télévisions comme prévu à compter du 5 janvier. "La réforme sera appliquée dès janvier, la publicité étant supprimée par décret (...)", a déclaré un porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre. "Le gouvernement ne compte pas prendre de décision avant la fin des débats, qui sont inscrits jusqu'au jeudi 18 décembre inclus", a nuancé le ministère de la Culture.

"Le gouvernement est dans une impasse", a réagi le député PS Didier Mathus. "Il a perdu la bataille parlementaire. Prendre des mesures de cette nature par décret est assez illégitime", a déclaré à la presse M. Mathus, l'un des socialistes en pointe contre la réforme de l'audiovisuel. Après deux semaines et 50 heures de débats, seuls 17 articles sur 56 ont été adoptés. Rappels au règlement, suspensions de séance, demandes de quorum, amendements multiples: le PS, le PCF et les Verts font tout pour faire durer les débats afin, disent-ils, de gagner la bataille de l'opinion.

"Obstruction", estiment au contraire le gouvernement et la majorité. "Nous allons continuer la bataille dans l'hémicycle à partir de demain (jeudi). Nous avons déjà marqué des points", a assuré M. Mathus. Si la publicité est supprimée par décret, "la loi n'avait pas d'autre objet que d'installer la dépendance des groupes de l'audiovisuel public à l'égard du pouvoir politique", a-t-il ajouté.

L'ancien ministre socialiste de la Culture Jack Lang a aussi estimé que le gouvernement aurait "politiquement tort" de supprimer la publicité sur la télé publique par décret. L'hebdomadaire le Nouvel Observateur a publié dans son édition de mercredi un "appel des 500" demandant au président Nicolas Sarkozy de retirer le projet de loi sur l'audiovisuel ou, au moins, de "l'amender profondément".
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