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Jeudi 25 Décembre 2008 à 00:00

Bernard Tapie détourne "Oscar" pour régler ses comptes

Après avoir incarné en 2004 "Un beau salaud", l'ancien homme d'affaires, patron de club de foot et ministre Bernard Tapie est de retour au théâtre dans "Oscar", valeur sûre du boulevard, dont il détourne le texte pour tacler à tout-va en surfant sur son actualité judiciaire.

A l'affiche du Théâtre de Paris jusqu'au 4 janvier, cette pièce, créée par Pierre Mondy et portée au cinéma en 1967 par Edouard Molinaro avec Louis de Funès, doit être diffusée en direct sur France 2 ce 25 décembre. Interrogé par l'AFP, le producteur et metteur en scène Philippe Hersen a indiqué que le texte, truffé par Bernard Tapie de piques et persiflages sur ses déboires avec le Crédit Lyonnais, serait maintenu, éventuellement avec "quelques perles supplémentaires", pour la diffusion sur le service public.

De son côté, France 2 a qualifié ce programme de "soirée de divertissement". "Ce n'est pas un projet artistique mais c'est un projet que j'assume", a confié à l'AFP Nicolas Auboyneau, directeur artistique de l'unité culture et spectacles vivants de la chaîne. Très à l'aise sur scène, dans un jeu grandiloquent qui sied au héros de cette pièce, Bernard Tapie, 65 ans, incarne avec malice l'homme d'affaires trahi et ruiné qui cherche à se refaire. Dans une mise en scène efficace et rythmée de quiproquos, il n'a aucun mal à créer une connivence avec le public qui s'esclaffe face à des sous-entendus à la pelle.

Le fondé de pouvoir indélicat, qualifié d'"escroc" et de "voyou", a nécessairement "fait un stage à la Société Générale" mais "a tout appris au Crédit Lyonnais". Au moment de dresser la liste des invités au mariage, il convient de barrer le nom d'un certain "François Barou". Un peu plus loin, le prénom Charles-Amédée est l'objet de railleries. Deux allusions limpides à François Bayrou et Charles-Amédée de Courson, virulents opposants au fait que Bernard Tapie s'est vu attribuer en juillet 285 millions d'euros, dont 45 millions pour préjudice moral, par un tribunal arbitral.

Quand l'épouse, jouée par la gouailleuse Chantal Ladesou, cherche un appui en haut lieu, elle appelle aussitôt "Brice, le ministre qui ferme les frontières". Dans un échange entre la maîtresse de maison et sa fille, Nicolas Sarkozy est évoqué par le biais de sa supposée proximité avec Bernard Tapie: "Y en a qui disent que oui (ils sont proches, ndlr), y en a qui disent que non. Quand on demande à ton père, il se marre!" L'humoriste Clair dans le rôle de la bonne qui devient baronne, Vincent Moscato en masseur bourru, Grégoire Bonnet en fondé de pouvoir amoureux et Sophie Tapie (fille de Bernard) en demoiselle à marier d'urgence, complètent l'affiche.

Bernard Tapie s'approche du jeu tout en excès de Louis de Funès jusqu'à reprendre ses mimiques. Et quand le héros est au comble du désarroi, il imite le chimpanzé bondissant, une tiare en diamant sur la tête, avant une cascade qui pulvérise une porte-fenêtre. Savourant ses effets, l'homme d'affaires reconverti en comédien joue sur tous les leviers de ce vaudeville. Et c'est la main sur le coeur, au tomber de rideau, qu'il répond aux applaudissements.
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