Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Antennistes
Icon Facebook Icon Twitter Icon Rss
Bouton Newsletter TS
Vendredi 16 Janvier 2009 à 00:00

Dans le rouge, RFI engage une "modernisation" et taille dans ses effectifs

Confrontée à de "très graves difficultés", Radio France Internationale (RFI) va supprimer 206 postes sur un millier, dans le cadre d'un "plan de modernisation" visant à reconquérir ses audiences dans certaines régions du monde, notamment l'Afrique, au détriment de six langues.

La direction de RFI a présenté jeudi au comité d'entreprise un "plan de modernisation" prévoyant la suppression de 206 postes sur un total de 1.040 salariés et la "création possible" de 34 postes, ce qui reviendrait à la suppression nette de 172 postes. Ces réductions d'effectifs, qui doivent se faire dans le courant 2009, toucheront "une petite centaine de journalistes", dont 67 dans les rédactions de langues étrangères, a détaillé Marc Thiébault, délégué CFDT.

La rédaction française sera également touchée à hauteur d'une trentaine de personnes, selon la CFDT. "La direction ne parle pas encore de plan social. Elle cherche à limiter les licenciements secs et nous a proposé un accord de méthode pour négocier des conditions favorables de départ (clause de conscience, retraites anticipées, etc.)", a ajouté ce syndicaliste. RFI, qui fait désormais partie avec France 24 et TV5Monde de la holding Audiovisuel extérieur de la France (AEF) dirigée par Alain de Pouzilhac, a invoqué les "graves difficultés" auxquelles elle était confrontée, et qui la mettaient "en danger".

Sur le plan financier, la radio enregistre des "pertes récurrentes" au point qu'elle a annoncé pour 2008 un déficit de 9 millions d'euros. L'Etat s'est engagé à recapitaliser "immédiatement" la station à hauteur de 17,2 millions d'euros, a indiqué la direction. RFI, dont le budget 2008 s'élève à 137 millions d'euros, est financée à 95% par la redevance et les subventions de l'Etat. La station connaît par ailleurs des "chutes durables et importantes" de ses audiences, notamment en Afrique francophone où elle perd chaque année environ 1,5% d'auditeurs. En Ile-de-France, l'audience a chuté de 25% depuis 2007.

Pour "reconquérir" cette audience, RFI va présenter une nouvelle grille qui va "privilégier le direct", et "accélérer le multimédia". Mais elle va surtout engager une "nouvelle stratégie de langues" afin de "répondre aux priorités géopolitiques et aux cibles qu'il faut privilégier, notamment en Afrique. L'anglais, le portugais et "bientôt" le swahili seront ainsi développés. En revanche RFI va cesser la diffusion de ses programmes en six langues (allemand, albanais, polonais, serbo-croate, turc et laotien), faute d'audience et jugeant que ces langues "ne sont plus pertinentes au regard des évolutions géopolitiques".

Ce projet, annoncé en octobre, avait été critiqué notamment par les presses albanaise et kosovare, qui ont fait part de leur "attachement" aux programmes en albanais. Ces derniers mois les rédactions en persan, en russe et en mandarin se sont par ailleurs mobilisées, notamment via des pétitions déposées à l'Elysée, pour la défense de ces langues menacées selon elles de disparition. La direction a démenti la suppression de ces trois langues, assurant qu'au contraire elles devaient être développées en "renforçant les modes de diffusion", notamment internet.

Créée en 1975, RFI est la première radio française d'information internationale en continu. Basée à Paris, elle comprend 19 rédactions en langues étrangères et émet dans 74 pays, atteignant 45 millions d'auditeurs dans le monde. 400 journalistes et producteurs sont basés à Paris et 600 correspondants sont sur le terrain.
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›
Marchés publics
Avis de délégation de service public
Hôpital d'Instruction des Armées Legouest : Avis de concession relatif à la gestion des services de téléphonie, de location de télévision et, en option, d'accès à internet.
» Consulter l'avis d'attribution