Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Antennistes
Icon Facebook Icon Twitter Icon Rss
Bouton Newsletter TS
Dimanche 18 Janvier 2009 à 00:00

Toujours pas de télévision mobile personnelle en France, le dossier bloqué

Annoncée en France depuis 2007, la télévision mobile personnelle (TMP), qui permettra de regarder la télévision sur mobile ou sur un appareil de poche, ne verra pas encore le jour cette année, les opérateurs et les chaînes ne parvenant pas à s'entendre.

Excédé par le retard accumulé, le gouvernement a lancé lundi une mission pour définir d'ici fin mars "un modèle économique viable" et "lever les blocages actuels", espérant un "lancement rapide". Programmée en France pour 2007, 2008, puis 2009, la TMP, dont les Japonais et Coréens sont friands depuis longtemps, fonctionne dans quatre pays européens (Italie, Suisse, Pays-Bas, Autriche).

Début janvier, la Colombie a franchi le pas. Dans l'Hexagone, on parle désormais de 2010. "La France était censée être un pays pionnier, maintenant nous sommes à la traîne", regrette Yannick Lévy, PDG de Dibcom, qui produit les puces DVB-H pour recevoir la télévision mobile par voie hertzienne. "On a perdu beaucoup de temps alors qu'on sait que c'est inéluctable", soupire Janine Langlois-Glandier, présidente du Forum de la télévision mobile, qui regroupe 50 entreprises. Avec le blocage du dossier, "20 d'entre elles sont dans une situation très difficile, avec des licenciements", déplore-t-elle.

Les premiers tests, encourageants, ont montré des clients intéressés par ce service et prêts à payer quelques euros par mois. Des centaines de milliers regardent déjà les chaînes diffusées sur les réseaux mobiles 3G, mais ceux-ci vont bientôt saturer d'où la nécessité du réseau hertzien DVB-H. Au départ, les discussions entre opérateurs et chaînes (16 ont été retenues pour ce projet) ont "très bien fonctionné", se souvient Mme Langlois-Glandier: "certains s'étaient mis d'accord sur un modèle économique, avec des chaînes gratuites et un accès payant". Mais la réforme de l'audiovisuel, qui prévoit de taxer les opérateurs de télécoms pour financer l'arrêt de la publicité sur la télévision publique, a créé "une ambiance un peu délétère" selon elle.

Du coup, quand les chaînes leur ont demandé de financer 87% des coûts du nouveau réseau, estimés à au moins 60 millions d'euros par an, et une taxe sur chaque appareil recevant la TMP, les opérateurs ont dit non. Fin novembre, le ton est monté par échange de courriers, SFR exprimant son "incompréhension" face au "déséquilibre manifeste" du modèle proposé et Bouygues Telecom jugeant la TMP "difficilement monétisable" et regrettant le manque de "terminaux compatibles". "Nous ne sommes pas en situation tendue avec les opérateurs", affirme Laurent Souloumiac, directeur général de France Télévisions interactive.

Le comité de pilotage des chaînes "négocie avec tout le monde, mais ça avance un peu plus vite avec Orange" (France Télécom), qui fait des propositions de modèle économique". Interrogés, les opérateurs ne commentent pas les négociations. Le problème est que "le réseau coûte plus cher que prévu" selon M. Souloumiac, qui juge logique que les opérateurs prennent en charge "la grande majorité des coûts: si on regarde les revenus potentiels, on devrait demander 100%!".

"Partout dans le monde, le lancement de la TMP est difficile car il n'est pas évident de construire un modèle économique acceptable", souligne Olivier Coste, président des activités TV mobile d'Alcatel-Lucent, qui propose de compléter le réseau par du satellite pour diviser les coûts par deux. Pour M. Lévy, une soutien financier public donnerait un coup de pouce au projet. Selon lui, une aide de 30 millions d'euros permettrait de couvrir 15-20% des Français.
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›
Marchés publics
Avis de délégation de service public
Hôpital d'Instruction des Armées Legouest : Avis de concession relatif à la gestion des services de téléphonie, de location de télévision et, en option, d'accès à internet.
» Consulter l'avis d'attribution