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Vendredi 23 Janvier 2009 à 00:00

Renouvellement d'un tiers des membres du CSA dans un contexte houleux

Le CSA renouvelle en fin de semaine le tiers de ses membres dans un contexte houleux, entre la réforme de l'audiovisuel, qui remet en cause son pouvoir de nomination des patrons des télévisions et radios publiques, et la polémique sur le temps de parole des politiques.

Trois des neuf "sages" du Conseil supérieur de l'audiovisuel, présidé par Michel Boyon, doivent être remplacés, au terme d'un mandat de six ans. Les successeurs d'Agnès Vincent-Deray, d'Elisabeth Flüry-Hérard et de Christian Dutoit seront désignés respectivement par le président de la République, le président du Sénat et celui de l'Assemblée nationale. Nicolas Sarkozy avait souligné le 13 janvier sa volonté de pratiquer "l'ouverture" dans le choix des nouveaux conseillers, en "sortant des petits clans".

Statutairement indépendant du pouvoir, le CSA, garant de la liberté de communication audiovisuelle en France et qui fête ses 20 ans, a été attaqué à plusieurs reprises par des parlementaires de l'opposition pour être composée uniquement de personnalités désignées par l'actuelle majorité. Mais c'est surtout la réforme de l'audiovisuel public, voulue par le chef de l'Etat, qui a placé le CSA et son président au coeur d'une vive polémique. "Cela n'a pas été une année facile", a résumé Agnès Vincent-Deray, interrogée par l'AFP.

Alors que le CSA a jusqu'ici pour tâche de nommer les présidents de France Télévisions et de Radio France, le projet de loi prévoit qu'ils seront désormais désignés directement par l'exécutif, après avis "conforme" du CSA et du Parlement. "Fait du prince", "retour à l'ORTF", "régression démocratique" : les députés PS, Verts, PCF, mais aussi certains députés UMP comme François Baroin, ont farouchement combattu ce volet du projet de loi, dont la version finale doit passer devant l'Assemblée le 3 février.

"On coupe les ailes du CSA, qui se voit dépiauté de sa fonction politique essentielle. C'est une amputation très grave", a renchéri auprès de l'AFP Hervé Bourges, qui présida cette instance. Cet ex-patron de TF1, de France 2 et de France 3 reconnaît que des "pressions" politiques entouraient les nominations, "mais il y avait un dialogue". "On invoque l'hypocrisie qui entourait ces désignations, mais dans ce cas il fallait en améliorer le fonctionnement", s'insurge pour sa part Michèle Cotta, ancienne présidente de cette autorité.

Selon cette ancienne présidente de Radio France, "en cas de conflit, le CSA aura plus de mal à faire respecter des recommandations par quelqu'un qu'il n'aura pas nommé". Michel Boyon a réfuté à plusieurs reprises ces arguments assurant que "s'il n'y a pas d'accord, il n'y aura pas de nomination". Jugeant la réforme "excellente" et n'y voyant pas de perte de pouvoir, il s'est attiré les foudres du PS qui l'a accusé d'agir en "militant" et demandé sa démission. La question du temps de parole des politiques fait également débat.

Le PS est ainsi régulièrement monté au créneau sur la question du temps de parole du chef de l'Etat, que le CSA ne comptabilise pas, considérant qu'il ne s'exprime pas au nom du gouvernement ou d'un parti. Par ailleurs, un courrier adressé fin décembre par le CSA aux radios en vue de faire appliquer la règle des "trois tiers" (un tiers pour le gouvernement, un tiers pour la majorité, un tiers pour l'opposition), qui date de 1986 mais que seules les télévisions respectent, a provoqué la colère des syndicats et de la société des journalistes de Radio France. Selon eux, cette règle "bafoue la déontologie" car elle aboutirait à une couverture déséquilibrée.
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