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Mercredi 28 Janvier 2009 à 00:00

La fiction télévisée s'est emparée de sujets tabous mais il en reste ...

Depuis peu, la fiction télévisée française s'est emparée de sujets considérés comme tabous auparavant (homosexualité, politique...), mais il reste encore du chemin à accomplir pour qu'elle soit aussi audacieuse qu'en Allemagne ou en Grande-Bretagne.

Le Festival international de programmes audiovisuels (FIPA) a cette année présenté en compétition "Guter Junge" (Un bon garçon). Ce film allemand montre sans voyeurisme le délitement d'une famille dont le fils a des tendances pédophiles. "Quand j'ai vu ce film, je me suis dit +comment une chaîne a-t-elle eu le courage de faire cela?+", déclare à l'AFP Pierre-Henri Deleau, délégué général du FIPA, estimant "peu probable" qu'une chaîne française puisse se lancer dans un tel sujet.

Pour Laurent Heynemann, réalisateur de "Un homme d'honneur" sur le suicide de l'ancien Premier ministre Pierre Bérégovoy, bientôt diffusé, "faire tomber un tabou n'est pas suffisant". "Si on le brise un verre de bière à la main, cela ne sert à rien", déclare-t-il, mettant l'accent sur le regard de l'auteur et du réalisateur. L'homosexualité, longtemps traitée à la télévision surtout sur un mode plus ou moins léger, a été abordée à travers plusieurs fictions de qualité, dont le célèbre "Clara Sheller" (France 2). "Autopsy" (France 3), polar atypique, mettait en scène une passion entre deux hommes dans l'un des univers les plus machos qui soit, la police. Et le feuilleton à succès de France 3 "Plus belle la vie" a raconté plusieurs idylles homosexuelles.

La sexualité des handicapés a été évoquée avec tact dans le bouleversant "Nationale 7" de Jean-Pierre Sinapi. "Avant, il y avait le handicapé de service, comme il y avait l'homo ou le Noir de service. Ce qui a changé, c'est la façon de les regarder dans les films", souligne Anne Holmes, directrice de la fiction de France 3. La télévision française se montre aussi plus audacieuse sur les sujets sociaux liés à l'actualité immédiate. "Jusqu'au bout" de Maurice Failevic racontait, à peine voilée par la fiction, la révolte des ouvriers de la filature Cellatex. "Maman est folle" parlait des migrants de Calais.

France 3 diffusera jeudi "Little Wenzhou", qui évoque, en creux, les filiales d'immigration illégales dans la communauté chinoise de la banlieue lilloise. Malgré les efforts récents, un sujet résiste encore: le monde politique actuel. "Ce n'est sans doute pas impossible mais il serait très difficile de faire une fiction sur les rapports entre Sarkozy et Fillon, ou les coulisses de l'UMP", note Fabrice de la Patellière, directeur de la fiction de Canal+.

Protection de la vie privée, auto-censure et sacralisation de la fonction présidentielle, les explications à la frilosité des Français sont nombreuses. Les Britanniques, en revanche, sont décomplexés: de "L'affaire David Kelly" à "The Deal" en passant par "Les années Tony Blair", la télévision anglaise a diffusé plusieurs grands téléfilms disséquant la politique de M. Blair, alors qu'il était au pouvoir.

En France, Canal+ joue le rôle de locomotive dans le développement de films politiques. "Opération Turquoise" (l'armée française au Rwanda pendant le génocide), "Les prédateurs" (l'affaire Elf) ou "L'école du pouvoir" (la promotion Voltaire de l'ENA) s'appuient sur l'histoire récente. "On est de plus en plus contemporain dans nos fictions", estime M. de la Patellière.
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