Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Antennistes
Icon Facebook Icon Twitter Icon Rss
Bouton Newsletter TS
Samedi 7 Février 2009 à 00:00

Intervention de Sarkozy: la prestation des journalistes fait aussi débat

Journalistes "adoubés", "fait du prince", questions "convenues": les conditions de l'interview de Nicolas Sarkozy par quelques journalistes de télévision et de radio, exercice typiquement français, font grincer quelques dents au sein de la profession.

Laurence Ferrari pour TF1, David Pujadas pour France 2, Guy Lagache pour M6 et Alain Duhamel pour RTL: pendant près de deux heures, ces quatre vedettes du paysage audiovisuel français ont interrogé le chef de l'Etat en direct de l'Elysée lors d'une émission spéciale sur la crise. Ce sont TF1, France 2, M6 et RTL qui ont "proposé" à l'Elysée d'organiser l'émission et l'Elysée y a "répondu favorablement", précise-t-on à la présidence. Les journalistes ont ensuite été choisis par leurs directions, selon les médias concernés. Mais certains de leurs confrères y voient le "fait du prince". "Il y a les élus qui reçoivent l'onction et les recalés. Le critère du choix n'est ni rationnel, ni transparent. C'est la même chose depuis le général de Gaulle", a estimé Nicolas Demorand, présentateur sur France Inter.

Jeudi soir sur Canal+, Jean-Michel Aphatie, en charge des interviews politiques à RTL, a taxé ses confrères sélectionnés de "journalistes assermentés". "Ce choix nous surprend. Il n'y avait personne de la radio publique et de la presse écrite ou internet: ça ne représente pas la diversité des médias", a réagi Alain Girard pour le SNJ, premier syndicat de journalistes. Edwy Plenel, directeur de la publication du journal en ligne Mediapart a fustigé sur France 2 des journalistes qui "n'interrompent pas (M. Sarkozy), ne le contredisent pas, se contentent de l'accompagner par des relances très ouvertes". "Interlocuteurs déférents, questions convenues (...). Pouvait-il en être autrement" alors que les journalistes ont été "adoubés?", a renchéri le SNJ-CGT.

Interrogé sur Europe 1, David Pujadas a fait valoir que "ce genre d'exercice, à quatre, avait un côté beaucoup plus formel qu'une interview en face-à-face". "Globalement, le boulot a été à peu près fait", s'est défendu M. Pujadas, le seul des quatre journalistes à s'être exprimé vendredi. Pour le sociologue Dominique Wolton, "c'était pareil sous Mitterrand et Chirac". "Traditionnellement, les journalistes français n'arrivent pas à imposer de contre-pouvoir dans ce type d'émission", notamment parce qu'ils sont "invités" à l'Elysée, et donc intimidés, souligne ce chercheur du CNRS. Et avec M. Sarkozy, les journalistes se tiennent plus que jamais "à carreaux" parce qu'ils sont "confrontés à une personnalité autoritaire qui ne supporte pas la critique", selon lui.

"Le roi reçoit dans son palais, ça incite à la révérence. C'est comme si on interrogeait la reine à Buckingham... sauf qu'elle n'a pas de pouvoir politique", analyse Charles Bremner, correspondant à Paris du quotidien britannique The Times. "Mais c'est difficile. J'ai moi-même interrogé Sarkozy: il n'y a pas de possibilité de relance", reconnait-il. Pour lui, cette "déférence" à l'égard du pouvoir est typiquement française: "en Angleterre quand on interroge le Premier ministre on ne met pas de gants. C'est comme un sport", raconte-t-il.

"Ces prestations sont toujours un peu drôles pour nous, Allemands. On a l'impression qu'elles sont préparées à l'avance. Chez nous la chancelière donne des conférences de presse: il n'y a pas toute cette mise en scène", observe Hans-Helmut Kohl, son confrère du Frankfurter Rundshau.
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›
Marchés publics
Avis de délégation de service public
Hôpital d'Instruction des Armées Legouest : Avis de concession relatif à la gestion des services de téléphonie, de location de télévision et, en option, d'accès à internet.
» Consulter l'avis d'attribution