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Lundi 16 Février 2009 à 00:00

GB: la télé-réalité atteint ses limites avec le cancer d'une star du "Loft"

Jade Goody, 27 ans, n'avait d'autre talent que d'être elle-même, inculte et forte en gueule, dans la version britannique de Loft Story en 2002.

A présent célèbre et atteinte d'un cancer sans doute incurable, la jeune Anglaise vend son calvaire aux médias et divise l'opinion. Jade Goody est un "rêve pour tabloïde", ces journaux populaires qui donnent une grande place aux personnalités et paient souvent pour leurs confidences, remarque Tracy MvVeigh du sérieux hebdomadaire l'Observer.

Jade Goody a tout pour leur plaire: physique singulier, tantôt laide tantôt charmante, père braqueur mort d'une surdose, mère manchote et lesbienne, petit ami en prison, et une propension à parler sans frein, de tout et n'importe quoi. Surnommé haineusement "Le Cochon" par le journal le Sun lors de son passage dans le jeu, elle comprend grâce au même journal, au moment de son éviction de l'émission de télé-réalité en 2002, qu'on peut très bien gagner sa vie en la racontant.

Depuis, tout y passe, ses amours, ses deux petits garçons, ses teintures, ses implants mammaires, ses régimes... Mais sa popularité dégringole en 2007 lorsqu'elle tient des propos racistes contre Shilpa Shetty, actrice indienne enfermée avec elle dans un nouveau "Big Brother" britannique réservé aux célébrités. Jade s'excuse, Shilpa gagne le jeu, et, devenue à son tour présentatrice du "Bigg Boss" indien, invite Jade à y participer, en août dernier. Celle-ci accepte, pour apprendre en pleine émission qu'elle souffre d'un cancer du col de l'utérus.

Certains croient au début à une mise en scène, mais le pronostic s'assombrit de semaine en semaine, et le diagnostic tombe le 4 février : le cancer s'est étendu et semble incurable. Jade Goody décide alors de continuer à parler, dans les journaux, à la télé, en vidéo. "Toute ma vie se déroule publiquement, c'est mon métier", lance-t-elle à un interviewer. Et à un autre : "Oui je fais cela pour de l'argent, pour que mes enfants, si je disparais, échappent à l'enfance de drogue et de misère que j'ai connue".

Donc, on la voit sur la chaîne Living TV, de Virgin Media, scène pénible où sa mère tente avec son bras unique de lui mettre un turban pour cacher un début de calvitie lié à la chimiothérapie. Jade sanglote, gémit "je ne veux pas mourir", finit, enfin, par faire fermer la porte. Quelques jours plus tard, requinquée, chauve mais joliment maquillée, elle parle gaiement à News of the World de possibles fiançailles. A d'autres, elle dit qu'elle est "terrifiée", ou raconte en termes crus l'ablation d'une tumeur à l'intestin.

Cela suscite des antipathies, comme ce site internet, qui la traite de "rien du tout à grande gueule" et offre un iPhone 3G à qui devinera la date de sa mort. Les médias s'interrogent. "J'ai créé le monstre qui est devenu l'entreprise Jade Goody, et maintenant qu'elle lutte pour sa vie, je me sens coupable", écrit dans le Daily Mail l'ancienne rédactrice en chef du magazine people Now où Jade avait une rubrique. Cependant sa démarche est généralement soutenue.

"Est-ce qu'il n'y a que les intellectuels qui aient le droit de gagner de l'argent avec leur maladie mortelle?", demande Jenni Murray de la BBC, en référence à un cas récent au Royaume-Uni. Pour Anna Brosnan, de l'association d'entraide Macmillan Cancer, Jade Goody fait ce que font beaucoup d'autres malades, "continuer à travailler pour garder le sens de la normalité" et "payer les factures". Elle juge aussi "très importante" la prise de conscience de cette maladie que permet ce cas.

Jade Goody doit réapparaître le 18 février sur Living TV, qui promet "sa réaction au terrible diagnostic" de l'extension de son cancer, et des images de ses "pénibles séances de chimiothérapie".
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