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Jeudi 29 Mars 2001 à 00:00

Les feuilletons TV sud-africains font fureur

Un feuilleton TV sud-africain "réaliste", dépeignant criminalité, sexe et violence, fait fureur auprés du public, qui ne manque pas un épisode, mais aussi au Parlement, où des députés ANC ont demandé son retrait, contre l'avis du ministère de l'Education.

Yizo Yizo ("C'est comme ça" en argot de township) est la star des feuilletons TV sud-africains, une de ces productions locales qui de plus en plus supplantent les étrangères, puisant inspiration, acteurs et scénarios dans la majorité noire du pays.

Mais il y a dix jours, Yizo Yizo a fait fort. Un gangster, qui dans les épisodes précédents semait la terreur autour d'une école de township, s'est retrouvé en prison où il a été violé par un co-détenu, dans une scène explicite, à une heure de grande audience.

Courriers des lecteurs, émissions de radio ouverte aux appels publics, éditoriaux ont été inondé depuis des réactions de téléspectateurs, parents, sociologues ou commentateurs, exprimant leur dégoût - ou leur compréhension - de cette exhibition de violence.

A l'Assemblée nationale, une députée ANC, Lulu Xingwana, a déposé une motion demandant le retrait de Yizo Yizo, dont la diffusion "ne contribue pas de façon positive au type de société que nous cherchons à bâtir", dit le texte.

La chaîne publique SABC, et les autorités de l'Education ont pris la défense du feuilleton, soulignant qu'il est un miroir fidèle de certains pans de la société, et remplit une mission d'éducation, même dans ses scènes pénibles.

Le Conseil qui réunit le ministre, Kader Asmal, et ses collègues des provinces, a appelé le public "à répondre de manière positive à Yizo Yizo, en saisissant l'opportunité de discuter ouvertement et en toute franchise les défis" de la société sud-africaine.

De fait, c'est bien parce qu'ils sont le reflet "aussi crû que la vraie vie" de ces problèmes de pauvreté, de violence, de cupidité, que les "soapies" locaux sont si populaires, estiment les "experts" du phénomène comme Renée Smith, universitaire de Durban, auteur d'une thèse sur Yizo Yizo.

Yizo Yizo et Generations, un feuilleton racontant infidélités, trahisons et carriérisme dans un monde de jeunes publicitaires noirs, attirent chaque soir quelque trois millions de téléspectateurs chacun, selon les estimations d'audience.

Avec d'autres productions locales comme Isidingo, Egoli, Sewende Laan, ils illustrent la vitalité de la fiction TV sud-africaine.

L'appétit pour la télévision n'est peut-être pas étranger au sevrage des années d'apartheid. La télévision ne fut tolérée qu'en 1976, et fut longtemps restreinte, pour cause de boycott, dans ses choix d'achat à l'étranger.

Dallas fut un des premiers grands succès, donnant le ton de ce qui allait plaire. La popularité des "soapies" est aujourd'hui telle qu'on leur impute une responsabilité directe dans l'heure de pointe de circulation autour de Johannesburg : 16H30, une demi-heure avant le début du premier feuilleton du soir.

Pour leurs acteurs, dont les dernières aventures -personnelles ou de script - s'étalent dans la presse populaire, vies réelles et cathodiques se mêlent.

Maake ka Ncuba, un acteur de Generations, raconte qu'il est souvent pris pour son personnage, et abordé en conséquence. "Les gens pensent que je suis comme mon personnage (...) un magnat des affaires, un homme à femmes, quelqu'un qui utilise la moindre occasion pour gruger les autres, autant de choses que je ne suis pas", plaide-t-il.

Ulcérée par le débat sur Yizo Yizo, Mandazi Mahlatsi, la mère d'un des jeunes scénaristes, a lancé un cri d'alarme dans l'hebdomadaire Sunday Independent.

"La crise n'est pas sur nos écrans mais dans nos écoles (...) ceux qui ne peuvent pas l'avaler n'ont qu'à éteindre leur télévision et fuir la réalité", a tranché cette institutrice d'une classe de primaire surchargée, où les enfants jouent avec des préservatifs, et dont elle gére les parents illettrés.
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