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Mercredi 4 Mars 2009 à 00:00

SFR condamné à démonter une antenne, les opérateurs mobiles s'inquiètent

Orange, SFR et Bouygues Telecom craignent que se multiplient les procès, après l'annonce mardi d'une deuxième condamnation d'un opérateur mobile à démonter une antenne en raison de son impact sanitaire incertain.

"Il n'y a pas de téléphone mobile sans antenne-relais!", soupire Jean-Marie Danjou, délégué général de l'Association française des opérateurs mobiles (Afom). Comme l'a annoncé l'association Robin des toits, SFR a été condamné le 16 février à Carpentras (Vaucluse) à démonter une antenne en raison de sa nuisance esthétique et de son impact sanitaire incertain. Il a fait appel. Le 4 février, Bouygues Telecom avait été condamné en appel à Versailles à démonter une antenne dans le Rhône, une première en France, la cour invoquant elle aussi l'"incertitude" d'un impact sur la santé.

Pour Robin des toits, qui milite contre l'implantation intempestive des antennes de mobile, ces décisions feront jurisprudence: "il y a fort à parier que la moisson va croître en abondance", prédit-elle. L'association, qui dit recevoir beaucoup d'appels de riverains ces dernières semaines, a déposé trois recours similaires et va en présenter sept autres devant les tribunaux de Nanterre et Paris. "Surpris et perplexes", les opérateurs rappellent qu'ils "ont des obligations de couverture du territoire (environ 99% de la population, ndlr) vis-à-vis de l'Etat et des obligations vis-à-vis des 58 millions de Français qui ont un téléphone mobile et attendent un service de qualité".

"Ils ont des sanctions financières s'ils ne respectent pas ces obligations", indique le délégué de l'Afom, estimant qu'il y a "une contradiction". Un argument balayé par Robin des Toits: "nous ne sommes pas du tout contre la technologie, nous voulons une réglementation tenant compte de la santé publique", affirme son porte-parole Etienne Cendrier. Invoquant "le principe de précaution", Me Richard Forget, avocat de l'association, souhaite que le seuil d'exposition des antennes - 41 à 61 volts par mètre - soit ramené à 0,6 volt par mètre, "le seuil d'innocuité sanitaire", comme c'est le cas dans plusieurs pays.

"Cela coûtera beaucoup plus cher aux opérateurs car il faudra plus d'antennes, mais on en baissera la puissance", précise-t-il. Le coût sera élevé en campagne où on compte une antenne tous les 15-20 kilomètres (300 mètres en ville). "Les ondes radio ne concernent pas que les antennes-relais de téléphonie mobile, mais aussi les émetteurs de radio, de télévision", dit Jean-Marie Danjou, estimant que la jurisprudence pourrait aussi les menacer. "Ce ne sont pas du tout les mêmes ondes!" rétorque Me Forget: "les ondes de mobile sont pulsées et à plus basse fréquence", ce qui les rend "potentiellement cancérigènes", "alors que celles de télévision et de radio sont linéaires et pas à la même fréquence".

L'Afom assure que les antennes ne comportent "aucun risque pour la santé des riverains": "l'OMS (Organisation mondiale de la santé, ndlr) indique cela à la lumière de plus de 1.400 études scientifiques sur le sujet". Robin des Toits n'est pas convaincu: "quand on regarde les études, on s'aperçoit qu'il y a une controverse scientifique, une incertitude énorme", selon Me Forget. Pour clarifier les choses, "nous avons besoin que les autorités sanitaires françaises expriment haut et fort leur position sur les antennes-relais", demandent les opérateurs.

L'occasion pourrait être donnée par le "Grenelle" des antennes, annoncé début février, à laquelle Robin des toits dit ne pas avoir été convié. Prévu le 19 mars, il a été reporté sine die.
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