Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Antennistes
Icon Facebook Icon Twitter Icon Rss
Bouton Newsletter TS
Dimanche 1 Avril 2001 à 00:00

L'industrie spatiale russe peut survivre

L'aventure Mir est terminée, mais la destruction de la station orbitale ne scelle pas la mort de l'industrie spatiale russe, qui tout en manquant cruellement de financement, a su prouver qu'elle pouvait continuer à exister en renforçant ses partenariats internationaux.

"Ce n'est pas le moment de nous enterrer, ce n'est pas la fin de l'histoire de l'industrie spatiale russe", a déclaré à l'AFP Viatcheslav Mikhalitchenko, porte-parole de l'Agence aéronautique et spatiale (RKA).

Mir était certes pour la Russie le grand symbole des succès de l'odyssée de l'espace, icône de l'époque où le secteur spatial était la gloire du peuple soviétique et jouissait de financements quasi-illimités.

Aujourd'hui, l'argent manque pour développer des politiques spatiales véritablement ambitieuses. L'agence RKA, qui pilote désormais le secteur, reçoit à peine 200 millions de dollars de financements budgétaires annuels. Très insuffisants pour assurer la maintenance des satellites, en développer de nouveaux, participer à la station internationale ISS, etc.

En 1992, conséquence de l'effondrement de l'URSS, les fonds de l'Etat se sont brusquement taris, les commandes publiques se sont écroulées. Certains programmes en ont lourdement souffert, notamment dans le domaine des télécommunications et de la télédétection, et la Russie peine à maintenir à niveau ses constellations dont les satellites arrivent en fin de course.

Seuls treize des vingt-quatre satellites de la constellation d'assistance à la navigation Glonass sont par exemple opérationnels. "L'industrie des satellites de télécommunications russes est désormais dépassée, en terme de durée de vie, de poids ou de technologie électronique", relève un expert occidental. Mais il relève que Iouri Koptev, patron de l'agence spatiale, a mené une action "très efficace, en développant des partenariats internationaux et en attirant des capitaux".

Alcatel-Espace s'est ainsi allié à NPOPM de Krasnoïarsk, l'un des plus gros intégrateurs de satellites au monde. Ils ont déjà monté ensemble quatre satellites. La politique adoptée par Koptev a permis de maintenir l'ensemble du secteur à un niveau relativement satisfaisant, contrastant avec l'industrie aéronautique en plein marasme.

Les lanceurs Soyouz ou Proton, de technologie ancienne mais fiable, sont restés à l'avant-scène internationale, profitant d'une nouvelle tendance des opérateurs de satellites étrangers à rechercher des services de moindre coût. La Russie a ouvert la porte au savoir-faire étranger pour se perfectionner dans les techniques de gestion et de commercialisation.

En 1994, le constructeur allemand Dasa et le centre Khrounitchev créaient Eurokot pour commercialiser le lanceur léger Rokot. Eurokot annonce aujourd'hui un carnet de commandes de dix lancements.

En 1995, l'américain Lockheed Martin s'alliait aux russes Khrounitchev et Energuia pour créer International Launch Services et commercialiser Proton. Boeing, Energuia, l'anglo-norvégien Kvaerner et deux sociétés ukrainiennes ont mis en place le projet Sea Launch, qui lance les fusées ukrainiennes Zenith depuis une plate-forme mobile proche de l'Equateur.

En 1996, le centre spatial de Samara (Volga), l'Agence RKA, Aerospatiale-Matra et Arianespace ont créé la Starsem pour commercialiser les Soyouz. Le centre de Samara embauche aujourd'hui de nouveaux ingénieurs de haut niveau, note un professionnel occidental, pour qui "la présence russe sur le marché international s'est renforcée ces derniers temps".

L'industrie russe n'a donc d'autre choix que d'accentuer cette coopération. "Nous avons une expérience énorme en matière de construction des stations spatiales, des satellites, des lanceurs. La seule chose qui nous entrave c'est le manque d'argent. Mais nous sommes en pleine forme et prêts à travailler", a déclaré Mikhalitchenko.
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›
Marchés publics
Avis de délégation de service public
Hôpital d'Instruction des Armées Legouest : Avis de concession relatif à la gestion des services de téléphonie, de location de télévision et, en option, d'accès à internet.
» Consulter l'avis d'attribution