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Mardi 10 Mars 2009 à 00:00

Les écrans publicitaires "intelligents" inquiètent associations et élus

Des écrans publicitaires dans le métro qui comptabilisent leur public et peuvent lui envoyer des SMS : face à cet affichage nouvelle génération inauguré par la RATP, un collectif d'associations saisit la justice et la Ville de Paris exige des "garanties".

Quatre de ces écrans, équipés de capteurs faciaux qui "mesurent le nombre de passages devant l'écran et le temps d'exposition au message", selon la RATP et sa régie publicitaire Metrobus, sont installés depuis décembre à la station Charles De Gaulle-Etoile. "Nous souhaitons qu'avant toute nouvelle extension la RATP engage des discussions sur les contenus et apporte des garanties", a prévenu mardi Annick Lepetit, adjointe (PS) chargée des transports.

Au total, 400 écrans diffusant des images animées doivent être déployés dans le métro parisien et 800 dans les gares franciliennes en 2009. Afin d'endiguer ce "projet d'installation massive d'écrans publicitaires +espions+", cinq associations ont assigné la RATP, Metrobus, et la société Majority Report, qui fournit la technologie, en "référé expertise" devant le Tribunal de grande instance de Paris, qui sera examiné le 1er avril.

"Nous voulons obtenir que le juge désigne un expert pour faire ouvrir les panneaux et analyser tout ce qu'il y a à l'intérieur", a expliqué à l'AFP David Sterboul, militant de Résistance à l'agression publicitaire (Rap), l'une des associations. Les demandeurs justifient leur action par la "violation de la législation sur la vidéosurveillance, ici utilisée à des fins purement mercantiles", ainsi que "la mise en place probablement illégale de dispositifs d'analyse de données biométriques, installés sans aucune concertation, et à l'insu total des usagers et du personnel de la RATP".

"Si on trouve des caméras, qu'il y a possibilité d'enregistrement, on se retrouve face à un cas évident de vidéosurveillance, et là c'est illégal", a précisé à l'AFP Charlotte Nenner, présidente de Rap. "Le fait qu'il y ait des capteurs, c'est une intrusion, et le pire, c'est le Bluetooth, parce que c'est une publicité particulièrement envahissante", a-t-elle estimé, en référence à la possibilité pour ces écrans de communiquer avec les téléphones portables des passants.

La fonctionnalité Bluetooth n'a pas été activée, selon la RATP et Metrobus, qui se sont engagés à ce que les messages soient adressés uniquement aux "voyageurs qui auraient choisi de les télécharger en approchant leur téléphone de l'affiche à un endroit signalé". Metrobus s'est ainsi rangé à l'avis de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), qu'elle avait consultée "en amont pour la partie Bluetooth", a indiqué à l'AFP Gwendal Le Grand, chef du service d'expertise informatique à la Cnil.

Dans un avis publié en novembre 2008, la Cnil a désapprouvé "l'envoi systématique de messages publicitaires à tous les utilisateurs se trouvant dans la zone de couverture d'une affiche" et jugé "nécessaire de recueillir le consentement préalable", suggérant que les personnes intéressées "doivent approcher de quelques centimètres leur téléphone de l'affiche".

En revanche, s'agissant du "module de mesure d'audience, composé de deux caméras vidéo", la Cnil n'a pas été saisie et l'opportunité d'une intervention de sa part "est en cours d'instruction", a-t-il précisé. "Il faut aller assez vite", a affirmé Charlotte Nenner, "nous craignons que le métro ne serve que de test à une extension dans les gares franciliennes et l'ensemble de l'espace public".
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