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Mercredi 25 Mars 2009 à 00:00

Le PDG d'Arianespace "choqué" qu'Eutelsat confie un lancement à la Chine

Le PDG d'Arianespace Jean-Yves Le Gall s'est dit "choqué" de la récente décision de l'opérateur européen de satellites Eutelsat de confier un lancement à une fusée chinoise au détriment de son groupe, dans un entretien à l'AFP.

Il a accusé Eutelsat, et par extension le fabricant de satellites Thales Alenia Space, de contourner la réglementation américaine pour permettre une telle transaction avec Pékin. "Cette affaire nous laisse extrêmement perplexes, car nous considérons que tout ce qui se passe dans le domaine spatial au niveau mondial doit se faire en respectant les règles édictées par les gouvernements, notamment américain, qui a de bonnes raisons de souhaiter qu'il n'y ait pas de transfert de technologie vers la Chine", a-t-il déclaré.

"Ce satellite est construit en Europe par Thales, qui affirme qu'il ne contient pas de composants américains. Mais de facto cela conduit à contourner la règle Itar" (International Traffic in Arms Regulation), qui restreint l'exportation à certains pays de matériels et de composants sensibles fabriqués aux Etats-Unis, dont les satellites de télécommunications, a-t-il estimé. Le satellite W3B, dont Eutelast a confié le lancement à la fusée chinoise Longue Marche, n'est pas soumis à cette règle car "Itar-free", soit sans composants américains.

Or "nous considérons que la politique qui consiste à inventer des systèmes pour contourner les règles Itar est une politique hostile vis-à-vis des Etats-Unis", et "nous sommes choqués par sa mise en place", a affirmé M. Le Gall à Washington, où se tient l'édition 2009 du salon international "Satellites". "Nous sommes d'autant plus choqués que c'est un opérateur dans lequel le gouvernement français a une participation via la Caisse des dépôts et consignations", qui détient 26% du capital d'Eutelsat, a-t-il insisté. Mais "ensuite, bien sûr, Eutelsat fait ce qu'il veut", a-t-il concédé.

"Nous ne contestons pas le facteur prix, même si nous pensons que pour pénétrer le marché, la Chine pratique des prix ne reflétant pas vraiment la réalité économique", a affirmé le PDG d'Arianespace. "En revanche, quand j'entends dire qu'Ariane n'est pas disponible, je m'inscris en faux". Indirectement visé par les critiques de M. Le Gall, le franco-italien Thales Alenia Space a défendu mercredi le développement de produits sans composants américains au nom du désir européen d'indépendance dans le domaine spatial, et relativisé l'importance du contrat accordé aux Chinois.

"L'objectif n'est absolument pas de contourner les règles Itar mais de se donner les moyens en Europe d'avoir des produits et de les développer de manière souveraine", a déclaré Blaise Jaeger, directeur des télécommunications de Thales Alenia Space. "Ce qui ne plaît probablement pas à Arianespace, c'est le fait qu'une partie du marché des satellites puisse aller à un lanceur concurrent", a-t-il estimé, mais "Arianespace restera notre fournisseur principal", a-t-il conclu.

Numéro un du secteur, Arianespace se porte plutôt bien. Le groupe, qui a décroché 13 des 18 contrats ouverts à la concurrence en 2008, compte en obtenir 10 cette année, selon M. Le Gall. Il prévoit en outre "sept à huit lancements" d'Ariane 5 en 2009, et "un premier lancement de Soyouz en Guyane en décembre". Le lancement récemment reporté des satellites scientifiques européens Herschel et Planck devrait enfin avoir lieu "le 29 ou 30 avril", a-t-il assuré.
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