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Dimanche 29 Mars 2009 à 00:00

Réforme de France Télévisions: le documentaire au point mort

La réforme de France Télévisions, qui doit déboucher sur des arbitrages très attendus en terme de programmation et de financement, fragilise les professionnels du documentaire dont les projets sont parfois gelés depuis plusieurs mois. Réunis du 25 au 28 mars au Touquet (Pas-de-Calais) à l'occasion du Festival international du grand reportage d'actualités et documentaire de société (FIGRA), réalisateurs, producteurs, monteurs et techniciens témoignent quasiment tous de la chute de leur activité depuis l'annonce du regroupement des chaînes du groupe public au sein d'une entreprise commune. "J'ai des projets en attente depuis plusieurs mois", assure la réalisatrice Manon Loizeau, pourtant auréolée d'une longue expérience de documentariste et récipiendaire de nombreux prix, dont le prestigieux Albert Londres en 2005. "Le service public est en stand-by. Personne ne sait qui va faire quoi, comment, où, avec quel espace, quel argent", explique-t-elle. "Chômer deux ou trois mois, ça arrive. Mais cette fois, c'est différent", confirme Laure Mazé, monteuse. "Je ne travaille plus depuis décembre et je n'ai aucune ouverture. Il me manque deux mois d'ici fin août pour faire mes 507 heures", condition à l'ouverture des droits Assedic pour les intermittents du spectacle. "Le documentaire est peu dépendant des chaînes commerciales en crise, mais il subit le marasme de France Télévisions" qui lui apporte en temps normal 60% de son chiffre d'affaires, reconnaît Jacques Peskine, délégué général de l'Union syndicale de la production audiovisuelle (USPA). "On n'attend pas de redémarrage sur une base assainie avant 2011. C'est long pour les professionnels. On espérait que la suppression de la publicité et les ressources garanties feraient se lever un coup de vent de liberté rapide, mais les responsables de domaines (sur chaque chaîne) ne seront pas nommés avant l'été. D'ici là, c'est le bas régime", ajoute-t-il. Déjà fragilisées par une économie du documentaire paupérisée, la moitié des 800 à 850 sociétés de production de documentaires risquent de mettre la clé sous la porte, selon les prévisions les plus pessimistes. Un chiffre exagéré, tempère Jacques Peskine, qui est toutefois d'avis que le nombre de sociétés en activité est trop élevé par rapport au marché. "Certaines boîtes de production ou réalisateurs font un ou deux films par an. Si l'économie du documentaire ne remonte pas, ils feront autre chose", prévient Georges Marque-Bouaret, directeur général du FIGRA. Paradoxalement, la suppression de la publicité à partir de 20H00 sur France Télévisions pourrait bénéficier au documentaire en libérant du temps, donc des cases de diffusion en deuxième partie de soirée. "C'est un véritable espoir, parce que la TNT et le Câble ne compensent absolument pas les difficultés rencontrées par le documentaire. La multiplication des chaînes aurait pu être une aubaine, alors qu'elle ne fait que disperser les financements", avance un producteur sous couvert d'anonymat.
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