Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Antennistes
Icon Facebook Icon Twitter Icon Rss
Bouton Newsletter TS
Mercredi 1 Avril 2009 à 00:00

La Corée du Nord déterminée à lancer son "satellite" malgré les pressions

La Corée du Nord semble déterminée à procéder au lancement début avril d'un présumé "satellite de télécommunications", sourde aux appels d'une partie de la communauté internationale qui soupçonne un essai de missile déguisé.

Provocation calculée d'un régime cherchant à négocier sa dénucléarisation en position de force ou véritable tentative d'affiner sa technologie, le tir risque de provoquer une nouvelle crise internationale. La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a prévenu mardi à La Haye qu'un tir "aura des conséquences" au Conseil de sécurité des Nations unies. La Corée du Nord a annoncé qu'elle allait mettre en orbite entre le 4 et le 8 avril un "satellite de télécommunications" devant survoler le nord de l'archipel japonais. Elle a argué de son droit "inaliénable" à développer un programme spatial à l'instar de l'Iran qui a placé en orbite début février son premier satellite. Mais les Etats-Unis et leurs alliés asiatiques soupçonnent que ce lancement ne masque un tir expérimental de missile à longue portée Taepodong-2, censé pouvoir atteindre l'Alaska.

Lancement de satellite ou essai de missile, il sera difficile de déterminer dans l'immédiat la nature de l'engin, les deux opérations reposant sur la même technologie. Les voisins de Pyongyang craignent une réédition de l'été 1998 lorsque le régime avait en lieu et place d'un "satellite" lancé un missile longue portée Taepodong-1 qui avait survolé une partie du Japon avant de s'abîmer dans le Pacifique. Pyongyang avait provoqué une nouvelle crise internationale en tirant le 4 juillet 2006 - jour de la fête nationale américaine- sept missiles, dont un Taepodong-2. Ce missile avait explosé après 40 secondes de vol. Le Conseil de sécurité de l'ONU n'en avait pas moins adopté à l'unanimité, le 15 juillet 2006, une résolution condamnant le Nord.

Le gouvernement japonais, qui a déployé des batteries de missiles antimissiles à Tokyo et dans les environs, a promis d'abattre tout engin qui menacerait son territoire à la suite d'un incident ou erreur de trajectoire. Pyongyang a rétorqué qu'il assimilerait toute interception de sa fusée à un "acte de guerre" et que de nouvelles sanctions de l'ONU seraient perçues comme "un acte hostile" entraînant la rupture des négociations sur sa dénucléarisation, actuellement au point mort.

Toutefois, de nouvelles sanctions onusiennes semblent improbables et seraient vraisemblablement bloquées au Conseil de sécurité par la Chine et la Russie, traditionnels alliés de Pyongyang. Moscou a pourtant exhorté son allié à renoncer au lancement en invoquant les tensions régionales actuelles. Le projet nord-coréen survient en effet dans une période de grave crise intercoréenne, Pyongyang ayant récemment accusé sa voisine de précipiter les Corées au "seuil de la guerre". Nombre d'experts estiment cependant qu'un tir de fusée pourrait paradoxalement favoriser la reprise du dialogue sur la dénucléarisation.

Puissance nucléaire depuis le 9 octobre 2006, la Corée du Nord est engagée depuis six ans dans de laborieuses négociations à six pays (deux Corée, Etats-Unis, Japon, Chine et Russie) en vue d'un démantèlement de ses installations atomiques en échange d'une aide économique et de garanties de sécurité. Les tractations achoppent depuis plusieurs mois sur les modalités de vérification du démantèlement. "Cela pourrait être le déclencheur pour ouvrir le dialogue avec la nouvelle administration américaine", a indiqué à l'AFP Daniel Pinkston, analyste auprès du groupe de recherche indépendant basé à Bruxelles International Crisis Group.

Un tir réussi contribuerait aussi à renforcer le régime alors que le numéro un Kim Jong-Il aurait été victime d'une attaque cérébrale mi-août 2008, selon des responsables sud-coréens et américains. Enfin, Pyongyang possède un atout dans sa manche qui pourrait constituer une précieuse monnaie d'échange en cas de crise: deux journalistes américaines qu'il détient depuis le 17 mars pour avoir pénétré "illégalement" sur le territoire.
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›
Marchés publics
Avis de délégation de service public
Hôpital d'Instruction des Armées Legouest : Avis de concession relatif à la gestion des services de téléphonie, de location de télévision et, en option, d'accès à internet.
» Consulter l'avis d'attribution