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Vendredi 17 Avril 2009 à 00:00

Publicité, fusions: chambardements en vue pour les télévisons espagnoles

Le paysage audiovisuel espagnol est à l'orée d'un grand chambardement causé par de probables fusions entre chaînes privées frappées par la crise, et l'annonce gouvernementale d'une prochaine réduction "draconienne" de la publicité sur les télévisions publiques.

Alors que la récession frappe l'Espagne, plombant les recettes publicitaires des groupes de médias, le gouvernement socialiste est à la manoeuvre. Il a d'abord adopté le 20 février un décret loi permettant "la fusion d'opérateurs du secteur de la télévision s'ils ne dépassent pas une limite de 27% de l'audience, du moment que reste garantie l'existence de trois opérateurs privés d'envergure nationale".

Cette possibilité a ouvert une partie de poker menteur entre les chaînes. Le 26 mars, le dirigeant de La Sexta, José Miguel Contreras, s'est déclaré "ouvert" à une fusion. Le 1er avril, Alejandro Echevarria, le président de Telecinco, a laissé entendre qu'une fusion était possible. Jeudi, le directeur général d'Antena 3, Silvio Gonzalez, a joliment dit que sa chaîne était "ouverte à l'amour", mais sans précipitation.

Il existe quatre chaînes privées nationales en Espagne, dont deux, La Sexta et Cuatro, proches de la gauche au pouvoir, sont nées ces dernières années à la faveur du boom économique, outre les deux chaînes publiques, TVE 1 et TVE 2. Il s'agit d'Antena 3, contrôlée par les groupes d'édition espagnol et italien Planeta et De Agostini, de Cuatro, détenue par le groupe de médias espagnol Prisa, de Telecinco, contrôlée par le groupe italien Mediaset, et de La Sexta, contrôlée par le groupe de médias espagnol Mediapro.

L'autre grand chambardement annoncé est la réduction de la publicité à la télévision publique. Le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero a déclaré mardi que l'exécutif allait "approuver (...) une réduction draconienne de la publicité" sur ces chaînes, semblant s'inspirer de la récente décision française de supprimer partiellement la publicité sur les chaînes publiques. Les chaînes publiques espagnoles ont actuellement droit à 10 minutes maximum de coupures publicitaires par heure, une limite devant déjà être réduite à 9 minutes en 2010.

M. Zapatero n'a précisé ni l'ampleur de cette réduction, qui donnera une bouffée d'oxygène aux chaînes privées, ni le calendrier prévu. Silvio Gonzalez a déclaré jeudi qu'il souhaitait une disparition pure et simple dès "maintenant" de la publicité sur les chaînes publiques nationales, mais aussi sur les régionales contrôlées par les gouvernements autonomes. M. Gonzalez dénonce le double financement des chaînes publiques, publicité et budget alloué par l'Etat (il n'y a pas de système de redevance en Espagne), qui crée selon lui une concurrence déloyale. "Il y a trop de chaînes pour se partager le gâteau des recettes publicitaires", a-t-il estimé jeudi, surtout en cette période de récession.

En 2008, Telecinco a ainsi enregistré une baisse de 9,2% de ses revenus publiciaires, dont l'évolution, négative depuis mai dernier, "s'est détériorée vers la fin de l'année" selon le groupe. Toutes ces expectatives ont un impact important sur les actions des chaînes privées à la Bourse de Madrid. Mardi et mercredi elles ont fortement augmenté, mais certaines ont terminé sensiblement en baisse jeudi. Telecinco a plongé de 13,71% à 6,80 euros alors que l'indice vedette Ibex-35 a gagné 1,87%. Antena 3, qui n'est pas cotée à l'Ibex-35 a fini à -12,82% à 4,15 euros et Prisa en hausse de 5,38% à 1,96 euros sur un marché en hausse de 1,43%.
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