Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Antennistes
Icon Facebook Icon Twitter Icon Rss
Bouton Newsletter TS
Samedi 16 Mai 2009 à 00:00

Travailler au chevet de Hubble, une mission hasardeuse

Les astronautes chargés des travaux sur le télescope Hubble sont à la merci de milliers de micro météorites et débris spatiaux risquant à tout moment de les frapper mortellement à l'occasion de leurs sorties dans l'espace à près de 600 km d'altitude.

"Le risque présenté par les débris spatiaux existe toujours à chaque mission de la navette, mais il est sans doute deux fois plus important sur cette mission que sur les vols habituels", reconnaît Fernand Alby, responsable du dossier "débris spatiaux" au Centre national (français) d'études spatiales (Cnes). A l'heure actuelle, quelque 12.600 objets de plus de 10 cm sont répertoriés dans l'espace autour de la Terre, et "le maximum de population est situé vers 800 à 900 km d'altitude", précise-t-il à l'AFP. Ce qui est sans compter la nuée de micro météorites ou micro débris spatiaux.

"Pour un astronaute en sortie extravéhiculaire, rappelle le spécialiste du Cnes, un micro météorite ou un débris spatial d'un millimètre peut traverser la combinaison: dans l'espace, un objet en aluminium de 1 mm de diamètre à 10 km/seconde a la même énergie qu'une balle de fusil". Or "ces petits objets centimétriques ou millimétriques, on ne les voit pas. On peut avec certains radars les voir passer, mais on ne connaît pas leur trajectoire. Ils ne sont pas catalogués. Donc, on ne peut pas les éviter".

Jeudi, les astronautes John Grunsfeld et Drew Feustel ont passé sept heures et vingt minutes à l'extérieur de la navette Atlantis pour installer une nouvelle caméra et un nouvel ordinateur sur Hubble lors de leur première sortie. Sans problème. Mais le risque est bien réel: lors d'une mission de changement des panneaux solaires de Hubble, quelque 5.000 traces d'impact de météorites visibles à l'oeil nu ont été décomptées sur le corps du télescope.

Avant le lancement de la mission, l'agence spatiale américaine, la Nasa, avait estimé le risque de collision de la navette avec un débris à une chance sur 221 lors de ce vol à 563 km d'altitude, contre près d'une chance sur 300 pour la Station spatiale internationale, située à quelque 350 km d'altitude. Déjà, a été observée une série d'entailles sur des tuiles de protection anti-chaleur sous l'aile droite d'Atlantis, dégâts qualifiés de "superficiels" par la Nasa.

Les radars de l'armée américaine suivent en permanence les débris d'un diamètre supérieur à 10 cm et il est possible d'intervenir sur les engins spatiaux en cas de rapprochement ou de passage dangereux. Ainsi, le 22 mars, l'orbite de l'ISS a dû être abaissée par mesure de précaution. Le Cnes, note Fernand Alby, "contrôle depuis le centre de Toulouse 15 satellites en orbite basse et peut être conduit à faire une manoeuvre d'évitement". Mais le nombre de débris spatiaux augmente nettement: ils étaient 12.000 répertoriés fin 2007, pour 12.600 aujourd'hui.

Ces dernières années ont vu la destruction volontaire d'un satellite chinois (2007), l'explosion d'un étage de fusée russe (2007), celle d'un satellite russe Cosmos (2008) et la collision entre un satellite de communications Iridium et un Cosmos (2009). Chaque fois, il s'agit d'événements "hyperviolents avec de très grandes vitesses et des impulsions initiales données dans toutes les directions", souligne Fernand Alby.

La première sortie des astronautes d'Atlantis a été un succès. Il en reste désormais quatre, longues, avant la fin de la mission de réparation du télescope, fruit d'une collaboration entre la Nasa et l'Agence spatiale européenne (ESA).
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›
Marchés publics
Avis de délégation de service public
Hôpital d'Instruction des Armées Legouest : Avis de concession relatif à la gestion des services de téléphonie, de location de télévision et, en option, d'accès à internet.
» Consulter l'avis d'attribution