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Jeudi 3 Mai 2001 à 00:00

Les entretiens d'outre-tombe de Mitterrand avec Elkabbach

France 2 entame aujourd'hui jeudi 3 mai la diffusion très attendue de cinq heures de "conversations informelles et discrètes" entre Jean-Pierre Elkabbach et François Mitterrand, enregistrées entre 1993 et 1994.

Ces "Conversations avec un président", découpées en cinq parties d'une heure environ, seront diffusées entre les 3 et 10 mai, à l'occasion des vingt ans de l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République, a annoncé la chaîne publique mercredi lors du MIPTV à Cannes. "Ce sera l'événement exceptionnel du mois de mai à la télévision française.

Nous le présentons en cinq parties, un nombre assez important pour créer un phénomène télévisuel", a affirmé Marc Tessier, président de France Télévision, à l'issue de la présentation à la presse du premier volet de la série.

De fait, la démarche est unique. François Mitterrand accepte fin 1992 la proposition de Jean-Pierre Elkabbach de réaliser jusqu'à la fin de son second septennat des entretiens "pour plus tard", à la condition qu'il ne soient diffusés qu'après son départ de l'Elysée.

Sa maladie l'empêchera pourtant de les poursuivre après 1994. "Toutes les symphonies sont inachevées, c'en sera une de plus", déclarera-t-il. Vingt-deux entretiens, d'une durée totale de quinze heures, ont néanmoins été enregistré puis placé, d'un commun accord, dans un coffre pendant cinq ans. Ils en sortent au printemps 1999, en concertation avec la fille du président Mazarine Pingeot et son exécuteur testamentaire André Rousselet.

Deux ans de travail, dont six mois de montage, seront nécessaires pour aboutir à ces cinq heures de "conversations informelles et discrètes", selon les mots de M. Elkabbach. "J'ai laissé vivre le temps et mûrir les propos", dit-il. Le temps aussi de réunir des archives, notamment de l'INA ou de la télévision belge RTBF, pour éclairer les propos du président.

"Sa parole n'est pas recomposée, François Mitterrand parle pour plus tard", a insisté M. Elkabbach. "Cela donne à l'ensemble un aspect étrange, original et unique. L'ancien président y apparaît précis, ambigu, indécis", a-t-il ajouté.

Curieuse impression, en effet, que celle de voir un président aborder d'outre-tombe et pour la postérité, sans se soucier d'une audience contemporaine, des événements parfois survenus le jour même ou la veille. Même si la liberté de ton et la franchise restent contestables. "Aucun chef d'Etat ne se laissera jamais aller complètement", reconnaît M. Elkabbach.

Si le premier volet n'apporte aucune révélation, -- les suivants non plus, selon M. Elkabbach, tout au plus des réflexions sur les affaires et quelques "attaques" personnelles -- il installe en revanche un rythme où le silence de l'interviewer suscite les réflexions de l'ancien président.

Il montre aussi un Mitterrand réagissant violemment au suicide de Pierre Bérégovoy, et toujours adepte des petites phrases acerbes.

De Jacques Chirac, qui prépare alors la présidentielle, il dit froidement : "C'est vrai que le temps est un peu long pour lui". "Il n'a jamais regretté d'avoir tenu tel ou tel propos. Jamais François Mitterrand ne s'est comporté en censeur", assure M. Elkabbach. "A plusieurs reprises, il m'a jeté, mais il n'a jamais arrêté les conversations".

France 2 chamboule sa grille pour l'occasion. Le premier volet est proposé aujourd'hui, en première partie de soirée, le deuxième et le troisième dans le courant de la semaine prochaine. Les deux derniers seront programmés à la suite, le 10 mai, dans la tranche horaire d'Envoyé Spécial.
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