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Jeudi 28 Mai 2009 à 00:00

Entrée dans sa troisième semaine, la grève à RFI vire au bras de fer

Les programmes de Radio France Internationale (RFI) sont fortement perturbés depuis plus de deux semaines par une grève contre un plan social prévoyant 206 suppressions d'emplois et la fermeture de rédactions en langues étrangères, qui vire au bras de fer entre direction et syndicats.

La grève "illimitée" à l'appel d'une intersyndicale FO, SNJ, SNJ-CGT et SNRT-CGT, est reconduite par périodes de 24 heures depuis le 12 mai pour demander le retrait du plan social, jugé "brutal" et "infondé". La direction fustige un mouvement "minoritaire", suivi par moins de 5% du personnel chaque jour mais qui "pénalise lourdement l'antenne". "C'est une grève tournante qui vise à être efficace en pénalisant le moins de salariés possible. Plus de la moitié de la rédaction la soutient", affirme de son côté Pascal Paradou, du SNJ.

Plusieurs journalistes non grévistes ont témoigné d'un climat "tendu" au sein de la rédaction, aggravé par des propos de Christine Ockrent, numéro deux de la station, sur les non grévistes dans une interview au site internet du Point la semaine dernière. Entamées après l'annonce du plan social en janvier, les négociations sont toujours dans l'impasse, la procédure ayant été suspendue par la justice, à la demande du CE.

Les syndicats, qui demandent "zéro licenciement contraint", ont sollicité lundi auprès de l'Elysée la nomination d'un médiateur, ce que la direction refuse, dénonçant la "politique d'obstruction du CE". A la demande de la Cour d'appel de Paris, le PDG Alain de Pouzilhac doit informer jeudi les représentants du personnel sur la mise en place de la holding Audiovisuel extérieur de la France (AEF), à laquelle RFI sera officiellement rattachée le 5 juin, aux côtés de France 24 et de TV5Monde.

"J'espère que les documents seront de nature à rassurer", a dit Geneviève Goëtzinger, directrice déléguée, qui en appelle à "l'esprit de responsabilité". Mais "pour l'instant les documents reçus sont très légers", a averti Maria Afonso, secrétaire du CE. Selon les syndicats, le plan social est lié à cette holding - présidée par M. de Pouzilhac - et aux éventuelles synergies de personnel qui en découleraient, non aux difficultés financières invoquées par la direction.

"La direction parle de développer France 24 mais juge prématuré de parler d'embauches de salariés RFI", a regretté Sabine Mellet, du SNJ-CGT de France 24, une chaîne travaillant selon elle "en sous-effectifs". Sur les 206 postes supprimés à RFI, 86 concernent des journalistes des bureaux en langues étrangères dont six doivent fermer: l'allemand, l'albanais, le polonais, le serbo-croate, le turc et le laotien. La direction argue des changements géopolitiques et d'une faible audience, sur la base d'études contestées par les syndicats.

Mercredi, les responsables de ces rédactions ont tenu une conférence de presse à destination des journalistes étrangers en France et entendent "multiplier" les actions pour la défense du "rayonnement de la France" en Europe. "Nous craignons de voir RFI se réduire comme une peau de chagrin à une radio destinée aux Africains", a expliqué Daniel Brown, du service anglophone. Une pétition de soutien à la rédaction polonaise a recueilli plus de 2.000 signatures dont le cinéaste Andrzej Wajda et l'ex-président Aleksander Kwasniewski, selon ses initiateurs. La rédaction en allemand a reçu de son côté le soutien de plus de 1.500 personnalités, dont le maire de Berlin.
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