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Mardi 21 Juillet 2009 à 00:00

Face à une crise majeure, les télés locales cherchent un modèle pérenne

Télé-Toulouse en redressement, réduction d'effectifs à Clermont 1ère, menaces sur La Chaîne Marseille: les télévisions locales, structurellement fragiles, traversent une crise majeure et cherchent un modèle économique pour s'ancrer durablement dans le paysage audiovisuel. "Le contexte économique a aggravé une crise latente", résume Sylvie Genevoix, membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) en charge du dossier. Pour rattraper le retard de la France par rapport à ses voisins européens, la haute autorité avait lancé un vaste programme d'extension des chaînes locales, face à une demande "pressante" des citoyens et au nom de la décentralisation de l'information, explique la conseillère. Mais la crise a tout freiné. Aujourd'hui, sur les 34 chaînes locales, dotées de très petits budgets (1 à 2,5 millions d'euros), moins de dix atteignent l'équilibre. Ces difficultés ne datent pas d'hier, et si l'avènement du numérique a facilité leur apparition, il a augmenté de facto leurs coûts de diffusion. "Une surcharge insupportable: plus d'un million d'euros sur un budget de 2,6!", confie Philippe Rivier, PDG de TV8MontBlanc, qui déplore aussi la concurrence des 18 chaînes nationales gratuites.
Les pertes financières étaient jusqu'ici assumées par leurs actionnaires privés, notamment la presse quotidienne régionale (PQR), longtemps réticente à investir dans le secteur. Or avec le recul du marché publicitaire, la presse régionale est "fortement tentée par un désengagement", observe Gilles Crémilleux, président du Groupement d'intérêt économique GIE-TPR (Télévision Presse Région), regroupement de 19 titres de la PQR s'intéressant aux télés locales. La PQR "ne peut plus tolérer ces foyers de pertes qui dépassent, en cumulé, les 100 millions d'euros", ajoute M. Crémilleux, également directeur à La Montagne (actionnaire de la chaîne Clermont 1ère). Le groupe Ouest France a ainsi perdu 7 millions d'euros dans Nantes 7 et cherche des repreneurs. Le désengagement des banques fait aussi peser de lourdes menaces: "la Caisse d'Epargne veut se retirer de La Chaîne Marseille qui risque le dépôt de bilan. Ce serait un signe catastrophique!", prévient-il.
Seules les chaînes subventionnées en partie par les collectivités locales s'en sortent. Pour sortir la tête de l'eau, les télés privées sont donc contraintes de trouver un nouveau modèle économique pérenne. Le marché publicitaire local étant déjà très sollicité, une des solutions serait d'attirer de la publicité nationale avec... des programmes nationaux. Séries, films ou documentaires seraient ainsi diffusés en journée pour booster l'audience, sans toucher aux programmes d'information locale, l'"ADN" des chaînes locales. Le GIE-TPR a lancé une consultation en ce sens. Aujourd'hui seul Télévista, éditeur de la chaîne nationale Vivolta, reste en lice, en partenariat avec France Télévisions Publicité.
"On propose des programmes nationaux qui passeraient à la même heure sur l'ensemble du réseau local, afin de créer un bassin d'audience nationale. Cela existe aux Etats-Unis", explique Gaspard de Chavagnac, directeur de Télévista. Une expérience de ce type avait déjà été tentée avec la série "24 heures", mais sans succès. Le CSA ne voit pas d'inconvénient à la diffusion de programmes nationaux mais "à condition que 50% de la programmation reste locale". "Tous les moyens sont bons pour passer ce cap difficile", selon la conseillère du CSA, qui assure de son côté "tout faire" pour alléger la réglementation et les charges de diffusion.
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