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Mercredi 11 Avril 2001 à 00:00

NTV : Poutine n'interviendra pas

Le président russe Vladimir Poutine s'est refusé à intervenir dans l'affaire NTV, répétant que la justice devait suivre son cours, alors que la chaîne d'opposition contestait sans grand espoir la légalité de la procédure qui a mené à la perte de son indépendance.

"Je ne pense pas que le président doive être impliqué dans cette "bouillie", a déclaré le président. Il n'y a "qu'un moyen de régler cette question, devant les tribunaux", a-t-il ajouté devant la presse à Saint-Pétersbourg, où il rencontrait le chancelier allemand Gerhard Schroeder.

M. Schroeder s'est lui-même abstenu de prendre position dans l'affaire, affirmant aux journalistes russes "ne pas (en) connaître les détails". Lors d'une interview commune lundi soir, le président russe avait donné le ton, et opposé une fin de non-recevoir aux défenseurs de la chaîne qui l'avaient sommé d'intervenir, affirmant n'avoir "pas le droit de (se) mêler d'une querelle entre deux acteurs économiques".

La chaîne d'opposition, qui estime être victime d'une campagne orchestrée par le pouvoir, a de son côté porté plainte en justice mardi pour contester la légalité de l'assemblée des actionnaires qui avait permis il y a une semaine au géant gazier Gazprom d'en prendre formellement le contrôle.

La plainte sera examinée le 10 mai par la Cour d'arbitrage de Moscou. L'équipe de NTV, qui a continué de défendre son indépendance à l'antenne malgré la nomination d'une nouvelle direction par Gazprom, avait pourtant constaté la semaine dernière "n'avoir plus besoin de ses avocats" en accusant la justice russe d'être soumise aux pressions du pouvoir.

La chaîne avait obtenu le 2 avril d'un tribunal l'interdiction de toute assemblée des actionnaires avant un jugement sur le fond. Mais la même instance avait annulé sa décision le lendemain, permettant à Gazprom, dont le principal actionnaire est l'Etat et qui possède 46% de NTV depuis novembre, de nommer une nouvelle direction grâce au gel de 19% d'actions litigieuses et au ralliement d'un actionnaire minoritaire.

Dans une interview à l'hebdomadaire Vlast publiée mardi, le fondateur et directeur général évincé de NTV, Evgueni Kisselev, a estimé que l'affaire n'était "pas perdue". Mais il a fait preuve de peu d'optimisme, laissant entendre que l'équipe qui lui est restée fidèle et qu'il dirige toujours pourrait rejoindre une autre télévision privée.

Après la défection annoncée samedi de deux journalistes vedettes, qualifiée de "traîtrise" par M. Kisselev, une vingtaine de journalistes au total ont quitté la chaîne. Ces dissensions ont semblé remettre en question l'achat de 30% d'actions de la chaîne envisagé par un consortium mené par le magnat des médias américain Ted Turner.

Un représentant de M.Turner cité mardi par le Washington Post a estimé qu'il pourrait rapidement n'y avoir "rien à acheter".

Par ailleurs, des propositions de loi limitant les possibilités d'investissements étrangers dans les médias ont été déposé lundi à la Douma (chambre basse du Parlement) par des députés de fractions communistes et centristes, une initiative qualifiée par un député d'opposition libérale, Viktor Pokhmelkine, de "commande du Kremlin".

Un vice-ministre de l'Information, Mikhaïl Seslavinski, s'est prononcé contre l'inscription de ces propositions à l'ordre du jour.
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