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Samedi 1 Août 2009 à 00:00

Venezuela: les médias privés craignent pour leur indépendance

Les médias privés du Venezuela s'opposent vivement à une série de réformes envisagée par le gouvernement de Hugo Chavez, qui conduirait selon eux à renforcer l'emprise de l'Etat sur les journalistes. Pour le gouvernement, ce projet ne vise qu'à "démocratiser" un secteur encore aujourd'hui très concentré, afin de rompre avec le "régime médiatique oligarchique existant au Venezuela", selon la ministre de la Communication et de l'Information, Blanca Eekhout.
Dans un récent rapport, le responsable de la Commission nationale des télécommunications (Conatel), Diosdado Cabello, affirme que "27 familles possèdent de manière privilégiée plus de 32% du spectre radiophonique, ce qui démontre l'existence d'une oligarchie médiatique". Mais pour les détracteurs de M. Chavez, ces mesures constituent une nouvelle attaque contre les médias privés à qui le dirigeant socialiste n'a jamais pardonné d'avoir soutenu le coup d'Etat avorté contre lui en 2002, en s'abstenant de retransmettre les manifestations populaires en faveur du pouvoir. Parmi les nombreux textes en gestation, ils en épinglent huit parmi lesquels la nouvelle réglementation sur les délits médiatiques. Ce projet de loi, s'il est adopté, prévoit que les médias et leurs dirigeants pourront être condamnés pénalement s'ils ont commis un délit dans l'exercice de leur travail, alors qu'ils ne sont passibles aujourd'hui que de sanctions administratives.
Dans le même temps, la Commission nationale des télécommunications (Conatel) souhaite réorganiser l'espace radiophonique et envisage de prendre des sanctions, pouvant aller jusqu'à la fermeture, contre 240 entreprises de radio et 45 de télévision, dont les données ne sont pas à jour. Pour Alonso Moleiro, vice-président du Collège national des journalistes, le gouvernement cherche à "réduire à néant" l'influence des médias critiques et "à faire taire des leaders d'opinion". "(Cette réforme) va avoir un coût énorme pour le président, qui apparaîtra comme un grand censeur", ajoute-t-il. Le média à la tête de la contestation contre cette réforme est la chaîne privée Globovision, très critique à l'égard du gouvernement. M. Chavez l'a menacée de subir le même sort que la chaîne RCTV, fermée en 2007 en raison de son ton acerbe à l'encontre du pouvoir, malgré de grandes manifestations de soutien.
"Globovision est un exemple clair d'un média qui a dévié de sa mission fondamentale au service du peuple. La sanctionner présente un coût politique bien moins élevé que de ne rien faire", estime la journaliste Maripili Hernández, membre d'une organisation de journalistes socialistes. Le but de cette réforme est que les médias reflètent mieux les opinions du peuple, abonde Rosario Pacheco, présidente de la commission des médias du Parlement. "Ces dix dernières, les médias sont allés à l'encontre des expressions de la majorité et ont reflété les intérêts de groupes économiques, ce qui est contraire au processus socialiste", précise-t-elle. Les détracteurs de M. Chavez, qui apparaît quasi-quotidiennement à la télévision lors de cérémonies retransmises par les chaînes publiques, relèvent de leur côté que le gouvernement a créé un réseau médiatique sans précédent pour diffuser sa parole.
"Six télévisions, deux circuits de radio, plus de 150 pages web, une agence d'informations, un satellite et une imprimerie destinée à promouvoir le socialisme du XXIe siècle", relève Marcelino Bisbal, professeur et éditeur du livre "Hégémonie et contrôle de la communication". "Au Venezuela, il manque une chose: une information fiable et vérifiable", regrette Omar Lugo, directeur du quotidien El Mundo.
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