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Vendredi 7 Août 2009 à 00:00

Téléphonie mobile: un 4e opérateur en France, alors que le marché se concentre en Europe

La décision de la France de se doter d'un quatrième opérateur de téléphonie mobile intervient alors qu'un mouvement de concentration est à l'oeuvre dans d'autres pays européens, où un nombre plus important de licences avait été attribué au départ. Le gouvernement français a lancé samedi un appel à candidatures pour attribuer cette quatrième licence. Le nouvel opérateur de réseau, qui devra débourser 240 millions d'euros pour obtenir son ticket d'entrée, entrera en concurrence avec SFR, Orange (France Télécom) et Bouygues Telecom, qui ont obtenu leur licence en 2001 et 2002. La procédure française fait figure d'exception en Europe de l'Ouest où "l'essentiel des licences 3G (troisième génération de téléphonie mobile) a été attribué entre 2000 et 2002", souligne Didier Pouillot, de l'Institut de l'audiovisuel et des télécoms en Europe (Idate). Le marché a plutôt tendance à "se concentre(r)" dans les autres pays, note-t-il.
Alors qu'aux Pays-Bas, cinq licences avaient été attribuées, seuls trois opérateurs de réseau sont aujourd'hui en activité, KPN ayant racheté son rival Telfort en 2005 et T-Mobile (Deutsche Telekom) la filiale d'Orange en 2007. En Allemagne, alors que six licences 3G avaient été concédées, uniquement quatre opérateurs ont déployé des services. Même chose en Italie, pour cinq licences initialement données. "Et aujourd'hui, il y a encore des interrogations sur une éventuelle poursuite de la concentration sur certains marchés, comme au Royaume-Uni", où cinq opérateurs de réseau sont en activité, explique le chercheur de l'Idate. "T-Mobile essaie de se désengager du marché britannique. Une des hypothèses est que ce réseau soit repris par un des opérateurs existants. Hutchinson chercherait aussi à se séparer de ses activités, en Italie et au Royaume-Uni", précise-t-il. La raison: le ralentissement de la croissance du secteur, qui conduit les opérateurs internationaux à se recentrer et à céder leurs activités les moins rentables. "Aujourd'hui, l'équilibre se fait plutôt aux alentours de trois ou quatre opérateurs de réseau", affirme M. Pouillot, ajoutant: "des marchés ont su montrer qu'il y avait de la place pour quatre licences".
Pour Ian Fogg, analyste chez Forrester, la situation de la France était d'ailleurs "quelque peu inhabituelle", vu la taille de son territoire et sa population. Pour autant, souligne-t-il, "le problème (pour le futur opérateur) est que le marché français est relativement mature. La plupart des gens ont déjà un mobile". "Il y a une opportunité mais les conditions seront difficiles", ajoute-t-il, en donnant l'exemple de Hutchinson arrivé en 2003 sur le marché britannique, soit neuf ans après les deux derniers opérateurs, et qui possède aujourd'hui seulement environ 5% de part de marché, contre 20 à 25% pour les quatre autres. Selon lui, l'Arcep, l'autorité de régulation des télécoms, "devra faire en sorte de mettre en place les conditions" permettant son développement. Les MVNO, (opérateurs mobiles virtuels) qui louent le réseau des opérateurs, n'ont de leur côté pu se faire qu'une faible place en France - 5% de part de marché - où ils sont aussi arrivés tardivement. Selon Ian Fogg, plus que les opérateurs de réseau -- qui possèdent une licence et exploite leur propre réseau -- ce sont d'ailleurs les MVNO qui "souffrent". Aux Pays-Bas, longtemps "présenté comme un pionnier", les MVNO, qui possédaient "début 2007 plus de 25%" de part de marché n'en détenaient plus que 8% fin 2008, du fait d'une vague de rachats, selon M. Pouillot. Une "décrue" constatée dans plusieurs pays.

Alors que l'appel à candidatures pour la quatrième licence mobile a été lancé samedi, plusieurs acteurs ont déjà faire connaître leur intérêt:

- Iliad: maison-mère du fournisseur d'accès à internet Free, Iliad a
confirmé sa candidature mardi, en annonçant ses résultats.
Candidat malheureux en 2007 pour des raisons financières, le groupe, qui
compte 4,37 millions d'abonnés ADSL, fait figure de favori.
Le marché du mobile, qui représente "22 milliards d'euros de chiffre
d'affaires annuel", "constitue un formidable relais de croissance" et
"s'inscrit parfaitement dans notre stratégie", a déclaré à l'AFP son directeur
financier, Thomas Reynaud.
Free, qui avait révolutionné le secteur en lançant en 2002 sa box
(internet, téléphonie, télévision via ADSL) à 29,99 euros, affirme pouvoir
"diviser par deux la facture" de téléphonie mobile d'un foyer français moyen
(deux adultes, un enfant) dépensant environ 2.000 euros par an.

- Kertel: l'opérateur mobile virtuel, spécialiste des cartes prépayées, a
confirmé à l'AFP sa candidature, en précisant qu'il pensait y aller seul.
"Au-delà de la partie équipements (...) à ce stade, le dossier est un
dossier Kertel", a déclaré Célinne Surel, en charge du projet.
"Nous restons néanmoins ouverts à différentes options de partenariats",
a-t-elle ajouté.
Pour la partie technique, le MVNO, hébergé par Bouygues Telecom, a
notamment des contacts avec les équipementiers chinois ZTE et Huawei.
Alors qu'un investissement de l'ordre d'un milliard d'euros est nécessaire
au déploiement du réseau, Kertel, racheté en 2007 à Iliad par Proximania, fait
figure de petit poucet: il a enregistré en 2008 un chiffre d'affaires de 43
millions d'euros, pour une perte de 1,8 million d'euros.

- Numericable: le câblo-opérateur, qui revendique 3,5 millions d'abonnés à
la télévision, 1 million à internet et 740.000 à la téléphonie, réfléchit à
une candidature avec d'autres acteurs, au premier rang desquels l'opérateur
mobile virtuel Virgin Mobile.
"La décision d'y aller ou pas n'est pas encore prise. Le dossier est encore
à l'étude avec nos partenaires, car ce sera le cas échéant une approche
collective", a déclaré à l'AFP un porte-parole.
Le président de Virgin Mobile, Geoffroy Roux de Bézieux, qui avait indiqué
en mai étudier "sérieusement cette candidature", est apparu plus modéré en
juin, soulignant ne pas avoir "besoin d'une licence pour poursuivre (son)
objectif de croissance". Selon lui, le "problème numéro un" pour le quatrième
opérateur sera de "déployer un réseau" alors que les recours en justice contre
la présence d'antennes se sont multipliés.

- Bolloré: le groupe français "regarde" également le dossier qu'il juge
"intéressant". "Nous donnerons notre position en septembre", a précisé à l'AFP
le directeur général de Bolloré Télécom, Marc Taïeb. Bolloré est déjà
propriétaire de 20 licences régionales Wimax, technologie qui permet un accès
internet sans fil à haut débit. Il n'a cependant procédé qu'à peu de
déploiements de stations, en invoquant un manque d'équipements adaptés.

- Orascom: l'opérateur égyptien, qui souhaite s'implanter en France, s'est
dit prêt à "s'allier à l'un des candidats" à la quatrième licence.
Kertel, tout comme Numericable, ont indiqué ne pas être en discussion avec
lui.
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