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Vendredi 4 Septembre 2009 à 00:00

Erik Gandini : "Le pouvoir de la télévision en Italie est presque surnaturel"

"Le pouvoir de la télévision en Italie est presque surnaturel", selon le cinéaste italo-suédois Erik Gandini, dont le film "Videocracy" projeté en marge de la 66e Mostra, montre combien les chaînes privées de l'empire Berlusconi ont façonné l'imaginaire collectif du pays. "La vidéocratie est le pouvoir de l?image sur le pays. En Italie c?est comme ça, tout ce qui passe à la télé existe, si tu n'y passes pas tu n?existes pas", a souligné le réalisateur, dans un entretien à l'AFP. "La télé peut te rendre immortel, te faire réussir en politique, te faire gagner beaucoup d?argent, c'est un privilège unique. Le pouvoir de la télévision en Italie est presque surnaturel", estime-t-il. Au programme d'une projection spéciale co-organisée par deux manifestations indépendantes parallèles, Venice Days et la Semaine de la critique, son documentaire produit en Suède suscite un vif intérêt à la Mostra de Venise. Sélectionné également au Festival de Toronto (10-19 septembre), "Videocracy" est sorti le 28 août en Suède et sera dans les salles dès vendredi en Italie. "Ces 30 dernières années l?Italie a vécu une expérience culturelle télévisuelle, qui a été une véritable révolution culturelle" a-t-il résumé devant la presse internationale jeudi. Déballages intimes, jeux télévisés idiots, glorification de l'argent, de la célébrité et du "succès" individuel sont la norme sur les trois chaînes de télévision nationales du groupe Mediaset, propriété du chef du gouvernement Silvio Berlusconi, montre le film. Et les corps féminins dénudés, huilés, emplumés ou pailletés ont envahi les écrans depuis si longtemps que chaque jour des centaines de jeunes femmes du pays, qui rêvent "d'épouser un footballeur", se présentent aux castings des programmes de divertissement. Face à la caméra de Gandini, elles semblent toutes sorties d'un même moule. Le "formatage" comme il le dit, c'est la spécialité de Lele Mora, l'un des trois principaux personnages du film, un agent influent qui fait et défait la célébrité de jeunes gens à qui il apprend à "parler, bouger et s'habiller". Tout sourires, il rend hommage au "formidable leader" qu'est Silvio Berlusconi son employeur, avant de se dire "fan de Mussolini" et de faire écouter la sonnerie de son téléphone portable, un hymne fasciste. Comme le sulfureux papparazzi Fabrizio Corona, condamné à 80 jours de prison pour avoir extorqué de l'argent à des célébrités contre la non-publication de ses clichés, il incarne les valeurs véhiculées par cette TV. "Les étrangers se moquent de notre télévision, et de Berlusconi... mais il a un impact très conséquent sur notre pays", a expliqué Erik Gandini. Selon lui, "en Italie, la télévision et le pouvoir sont vraiment liés, d'une manière très inhabituelle". Si Berlusconi est devenu président du Conseil (chef du gouvernement), affirme le film, c'est notamment qu'il incarne mieux que personne la "réussite à tout prix" prônée par la TV. Erik Gandini vit en Suède mais il est né en 1967 à Bergame, en Italie, qu'il a quitté à 19 ans pour étudier le cinéma à l'université de Stockholm. Il a tourné des documentaires sélectionnés et primés dans des festivals du monde entier. Parmi eux, "Raja Sarajevo" et "Not without Prijedor" sont consacrés à la guerre en Bosnie, tandis que "Who betrayed Che Guevara ?" co-signé avec Tarik Saleh, enquête sur les circonstances de la mort du Che. La télévision publique italienne Rai a refusé fin août de diffuser la bande-annonce de "Videocracy", arguant selon les producteurs du film, que celui-ci était "sans équivoque un message politique de critique du gouvernement".
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