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Jeudi 10 Septembre 2009 à 00:00

Chez les Dorcel, le "X" de père en fils depuis 40 ans

Surnommé le "pape français du porno", Marc Dorcel, 72 ans, numéro 2 européen du secteur après le suédois Private, fête mercredi 40 ans de carrière au service d'une pornographie "chic et sophistiquée", selon son credo transmis à son successeur, son fils Grégory, 35 ans. Depuis 1968, Marc Dorcel qui a connu toutes les censures au gré de l'évolution des moeurs, "de De Gaulle à Mitterrand", s'amuse-t-il, revendique des productions "excitantes pour les hommes et acceptables pour les femmes, refusant "le vulgaire et le sordide, et encore plus la médiocrité". La saga de cet entrepreneur pornographe qui revendique 400 films X, a démarré après une parenthèse dans les machines à coudre et le transport.
Marc Dorcel rêvait en fait des arts décoratifs : mais ses parents lui ont imposé d'entrer dans la vie active. Après des petits boulots, il trouve sa voie par hasard. Dans un café de la Place des Vosges, son voisin de table lui propose d'éditer des livres érotiques. Son premier titre, "Ursula", se vend à 20.000 exemplaires en quelques mois, l'entraînant dans un long jeu du chat et de la souris avec les autorités. "A l'époque, la censure était impitoyable. On vivait dans l'angoisse du Journal officiel. Non seulement, on risquait l'interdiction mais aussi la TVA la plus élevée qui tuait l'ouvrage. C'était l'inquisition ! Sous Giscard, on a senti un vent de liberté", raconte goguenard à l'AFP Marc Dorcel. Début 70, il se diversifie dans le roman-photo érotique en couleur. Une première en France, tandis que les cinémas pornos sont légion à Paris, y compris sur les Champs-Elysées à l'époque. En 1979, Marc Dorcel signe le premier film X vidéo européen. Porté par l'engouement pour le magnétoscope, "Jolies petites garces" devient un best-seller vendu à des vidéo-clubs à 4.500 exemplaires "à plus de 500 francs pièce" (70 euros). "En permettant de regarder du porno en toute intimité à domicile, le magnétoscope a tout changé, précipitant la fin des cinémas pornos", note Marc Dorcel qui s'entoure très vite des meilleurs réalisateurs du genre dont Michel Barny, Michel Ricaud et aujourd'hui Hervé Bodilis.
Dans les années 80, les productions Dorcel sont signées par un générique mettant en scène un toucan multicolore stylisé, sur une musique flamboyante, à l'image du lion de la Metro Goldwin Meyer. "Avec son film mensuel dès 1984, Canal+ a donné ses lettres de noblesse au X. Ils m'ont sollicité pour diffuser mes films mais j'ai refusé au début car je ne voulais pas concurrencer les vidéo-clubs, mes principaux clients", raconte M. Dorcel. En 1986, finalement, il cède un premier film à la chaîne cryptée. Grégory Dorcel a fait entrer l'entreprise familiale dans l'ère numérique. Aujourd'hui groupe multi-médias (17,4 millions d'euros, et une progression de 144 % depuis 2003), la société qui produit plus de 25 films par an, a créé une chaîne de TV (Dorcel TV) revendiquant 900.000 abonnés sur 45 réseaux européens. Sur Internet, les Dorcel sont à la tête de l'une des plus importantes plate-formes de vidéo à la demande qui propose la production des meilleurs studios du genre. Dernière diversification en date : les films gays. Le tandem père-fils s'amuse des derniers tabous concernant le X ignoré superbement par les syndicats professionnels du cinéma et de la vidéo, alors que le chiffre d'affaires des oeuvres pornographiques est surtaxé "sans rien en retour".
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