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Jeudi 1 Octobre 2009 à 00:00

Femmes-objet: la télévision berlusconienne suscite débat en Italie

Une jeune femme en string pendue par les bras au milieu de jambons: un documentaire, disponible jeudi en français sur Internet, qui reprend des séquences diffusées à la télévision à des heures de grande écoute, suscite le débat sur l'image de la femme en Italie. "J'ai habité longtemps à l'étranger et quand je suis rentrée en Italie, j'ai été indignée par le traitement réservé aux femmes à la télévision", a expliqué à l'AFP Lorella Zanardo, réalisatrice de "Il corpo delle donne" (Le corps des femmes), déjà visionné un demi-million de fois et objet de nombreux commentaires dans le pays. Le documentaire, d'environ 25 minutes, est un montage de séquences de jeux et de talk-shows télévisés, peuplés de "veline" -ces jeunes femmes à la plastique parfaite-, continuellement ridiculisées par les animateurs, et de présentatrices aux visages déformés par les liftings. "Je voulais relancer le débat. On subit sans réagir ce genre de choses depuis 25 ans, avec la télévision publique qui copie les +cochonneries+ de Mediaset", le réseau privé de la famille de Silvio Berlusconi, explique cette réalisatrice de 51 ans. Dans la même veine, Videocracy, film présenté à la Mostra de Venise en septembre mais dont les chaînes publiques ont refusé de faire la publicité, dénonce l'influence sur la société italienne de télévisions "berlusconiennes" obsédées par le corps et l'esthétique. "Nous nous retrouvons aujourd'hui dans une société où les femmes doivent apparaître mais pas trop parler", a décrypté pour l'AFP Michela Marzano une philosophe italienne de 39 ans déjà réputée, qui travaille au CNRS (recherche scientifique) à Paris. "On est revenu au 19e siècle, où les femmes n'avaient le choix qu'entre deux modèles: la mère de famille et la putain", a-t-elle ajouté, déplorant l'empreinte persistante du paternalisme fasciste en Italie et le manque d'enthousiasme populaire pour le mouvement de libération des femmes des années 70. "Cette utilisation du corps féminin (...) dénote le peu de respect pour ceux, hommes et femmes, qui ont conquis un espace avec leurs propres capacités et leur travail mais aussi pour les institutions et la souveraineté populaire", avait dénoncé en mai l'épouse du chef du gouvernement italien, Veronica Berlusconi. Dans une lettre à la Repubblica où elle annonçait son divorce suite au scandale "Noemi", cette jeune fille qui appelle le Cavaliere "papounet", Veronica Berlusconi s'emportait contre ces "vierges qui s'offrent au dragon pour obtenir le succès, la notoriété et l'argent". Silvio Berlusconi est empêtré depuis plusieurs mois dans des affaires de moeurs impliquant de très jeunes femmes et des call girl, auxquelles il aurait promis des postes à la télévision ou en politique, des scandales dont ses chaînes mais aussi la télévision publique, sous son contrôle, évitent de parler. "La question de la place des femmes n'existe pas pour le grand public" qui n'a pas accès aux blogs et aux éditoriaux appelant à un "nouveau féminisme", a indiqué à l'AFP Sofia Ventura, professeure de sciences politiques, qui avait lancé fin avril un âpre débat en parlant d'élues italiennes "avec un background permettant difficilement de justifier" leurs fonctions. "Les grandes absentes de ce débat sont même les femmes politiques. Elles ne veulent pas qu'on les enferme dans ce seul sujet, donc elles n'en parlent pas", a-t-elle précisé. Pour qu'un large débat s'amorce vraiment, la réalisatrice Lorella Zanardi juge nécessaire que les Italiens jettent "un nouveau regard sur la télévision". Elle propose donc sur son site internet (www.corpodelledonne.net) des stages ouverts à tous pour apprendre à décrypter le petit écran.
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