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Vendredi 2 Octobre 2009 à 00:00

La Rai, cible des attaques du camp Berlusconi

La télévision publique italienne, la Rai, a été toute la semaine la cible d'attaques de partisans de Silvio Berlusconi qui la jugent outrageusement à gauche et appellent à ne plus payer la redevance. "Sur la Rai, c'est l'anti-Berlusconisme sept jours sur sept", clamait jeudi Il Giornale, quotidien appartenant à la famille du chef du gouvernement, qui détient trois chaînes de télévision privées à travers Mediaset et contrôle de facto les chaînes publiques. Ces accusations fleurissent dans la presse pro-gouvernementale depuis des mois, mais l'invitation, pour la deuxième fois consécutive sur les plateaux de Rai 2, d'une call-girl qui aurait passé une nuit avec Berlusconi, a mis le feu aux poudres. "Avec la redevance, ils paient même les escort-girls" titre, sur cinq colonnes, Il Giornale qui affirme avoir recueilli 11.000 lettres de soutien après avoir appelé à ne plus payer la redevance, re-baptisée "taxe Santoro", du nom de l'animateur de l'émission incriminée, Annozero. Le gouvernement a menacé de supprimer Annozero, malgré ou en raison de ses 5,6 millions de téléspectateurs, et les contrats des journalistes qui y collaborent sont en suspens. "Les intimidations et menaces contre les journalistes, les attaques contre la presse sont constantes", dénonce Lorenzo Santelli, de la Fédération de la presse italienne, qui organise samedi à Rome une manifestation pour la liberté de la presse à laquelle se sont joints le syndicat CGIL (gauche) et l'opposition. Une manifestation qualifiée de "farce" par Silvio Berlusconi. "Si je vais parler à la télévision c'est un scandale, si je vais sur une autre chaîne je deviens dictateur, si je vais sur une troisième nous sommes dans un régime autoritaire et sur une quatrième, c'est un acte de délinquance", a-t-il ironisé devant ses partisans. Pour Enrico Mentana, ancien journaliste vedette de Mediaset qui avait choisi de démissionner suite à un désaccord éditorial et se trouve depuis "au chômage", "la liberté de la presse n'est pas plus menacée qu'avant". "Ici, on peut lire à la fois que Berlusconi est un dieu ou un imbécile, un saint ou un délinquant patenté", relève-t-il, mais "à chaque fois, c'est une vision manichéenne, avec toutefois un déséquilibre flagrant en faveur du président du conseil, qui est d'ailleurs le reflet de la vie politique, avec une gauche très affaiblie". De fait, si Silvio Berlusconi est la cible préférée des rares émissions satiriques ou de débat politique sur Rai2 ou Rai3, il en est autrement sur le navire-amiral de la télévision publique, Rai1, traditionnellement proche du pouvoir. "Bon anniversaire ! Vous êtes ici chez vous", lui a lancé, sans une once d'ironie, le présentateur du journal du matin, mardi pour ses 73 ans. Et Berlusconi a eu droit récemment à deux heures pour défendre sa politique sans contradicteur. A tel point que certains s'interrogent sur le bien-fondé d'un appel à couper les vivres de chaînes publiques qui peuvent lui être utiles. Et puis, souligne Fabio Fazio, animateur de l'émission politique "Che Tempo Fa", "abolir la redevance signifierait ouvrir le marché publicitaire à toutes les télévisions". Au risque de priver l'empire Mediaset d'une partie de ce gâteau, qui de janvier à juillet 2009 a représenté 2,58 milliards d'euros, selon le cabinet Nielsen.
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