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Jeudi 3 Mai 2001 à 00:00

De nouveaux ennemis pour les journalistes

Mafias, paramilitaires ou groupes terroristes sont autant de nouveaux ennemis pour les journalistes, dénonce Reporters sans frontières (RSF) et l'Association mondiale des journaux (AMJ), à l'occasion de la 11ème Journée de la liberté de la presse jeudi 3 mai.

RSF dresse ainsi une liste de "30 prédateurs" du droit d'informer, où figurent, au côté d'une majorité de chefs d'Etat, des chefs de guérillas colombiennes ou l'organisation séparatiste basque ETA. "De trop nombreux journalistes tombent sous les coups d'organisations indépendantistes, de mouvements intégristes religieux, de bandes criminelles ou de narcotrafiquants", écrit Robert Ménard, secrétaire général de RSF, en introduction du dossier de l'organisation basée à Paris.

Un constat semblable est dressé par l'AMJ, également installée à Paris. "Avec le développement du journalisme d'investigation, estime son directeur général Timothy Balding, la mafia, les trafiquants de drogue ou autres criminels, souvent encouragés par les politiques, la police ou les autorités judiciaires, ont +repris+ à leur compte la tâche de faire taire les journalistes curieux".

Selon l'AMJ, plus de 200 journalistes ont été tués dans les démocraties d'Amérique latine depuis 1990, dont 100 en Colombie, au Guatemala et au Mexique. Si de nouveaux "prédateurs" apparaissent, les principaux responsables des atteintes à la liberté de la presse restent les gouvernements.

"Les deux grands ressorts de la répression continuent à fonctionner, note Claude Moisy, vice-président de RSF, la confiscation de l'information par le pouvoir et la légitimation de la répression par des lois liberticides".

M. Balding souligne que "l'introduction +formelle+ de la démocratie n'apporte aucune garantie de développement d'une presse forte et véritablement libre, qui constitue un processus bien plus laborieux et complexe que beaucoup l'imaginaient". "Dans plusieurs pays de l'ancien bloc soviétique (...), la presse libre doit aujourd'hui encore lutter pour survivre face aux tentatives, ouvertes ou non, de la contrôler", affirme-t-il.

Selon le rapport annuel de RSF, quatre journalistes ont été tués en Russie en 2000 et autant en Ukraine, ce qui fait de ces deux pays les plus dangereux pour les professionnels de l'information l'an dernier. Au total, trente-deux journalistes ont été tués en 2000 contre 36 en 1999 et 19 en 1998.

Depuis le début de 2001, quatre professionnels ont perdu la vie dans l'exercice de leur métier. Toujours selon RSF, 74 professionnels de l'information restaient emprisonnés au 1er avril, au lieu de 85 au 1er janvier 2000, 329 journalistes ont été interpellés et plus de 500 agressés.

Plus du tiers de la population mondiale vit dans un pays où il n'existe aucune liberté de la presse. L'AMJ donne des chiffres encore plus élevés : 52 journalistes "et autres personnes travaillant dans les médias" tués en 2000, 81 emprisonnés dans 18 pays (au 31 décembre).

L'association représente 17.000 journaux et regroupe 63 associations nationales d'éditeurs, 17 agences de presse et sept organisations régionales de presse. Des signes encourageants sont néanmoins apparus au cours de la dernière décennie, souligne l'AMJ.

Selon Freedom House, un observatoire américain des droits de l'Homme, "le nombre de pays qui disposent d'une presse au moins +en partie+ libre a augmenté de deux tiers au cours de la décennie", rappelle M. Balding, citant notamment l'Europe de l'Est (Pologne, République Tchèque, Hongrie), l'Afrique du Sud, le Nigéria ou l'Indonésie.
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