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Vendredi 4 Mai 2001 à 00:00

En direct du bunker de Loft Story

Gros bras patibulaires barrant toutes les issues, enceinte métallique infranchissable et rangée de barrières le long du trottoir : Steevy, Aziz, Loana, Kenza et les sept autres candidats de Loft Story (M6) peuvent s'ébattre en toute tranquillité.

De l'extérieur et même agrémenté d'arbustes en pots, leur loft fait bunker de luxe et son entrée, violemment éclairée par une batterie de projecteurs, a ce jeudi soir-là des allures de Check-Point Charlie au coeur de la guerre froide. On est pourtant à la Plaine-Saint-Denis, aux portes de Paris.

Inutile d'insister, le Saint des Saints, loft et régie, reste inaccessible au profane. Il faudra se contenter des studios voisins où se déroule la grand-messe hebdomadaire de Loft Story, plus de deux heures de direct.

Benjamin Castaldi officie devant un public conquis et discipliné.

Soixante-dix jours de réclusion volontaire sous l'oeil de 26 caméras dont trois à infra-rouges pour ne rien perdre des ébats nocturnes attendent ceux des cinq filles et six garçons qui iront jusqu'au bout de l'aventure. "S'ils ne sont pas suivis, y'en a qui vont péter les plombs", pronostique la petite brunette.

Puis le débat s'engage sur "le plus mignon" des candidats. Steevy remporte la palme. "Il est très attachant", dit l'une, "très sensible", assure l'autre, "super beau", tranche la troisième. L'émission commence.

Le psy, Didier Destal, chef de service au centre hospitalier Ville Evrard, à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), explique : "c'est un processus extrêmement rapide de cohésion, de folie tourbillonnante". Pas très rassurant, tout de même. D'autant plus que la vie des reclus semble tourner au psychodrame permanent, décortiqué avec délectation devant des millions de téléspectateurs par le psychiatre et sa consoeur Marie Haddou.

Si Jean-Edouard a rompu après une unique nuit d'amour avec la plantureuse Loana, explique-t-elle doctement, c'est parce qu'il est "un séducteur" et n'a pas supporté d'être "séduit comme un objet".

Invitée de l'émission, la mère de Jean-Edouard vole au secours de son fils : "il a l'excuse d'avoir 20 ans et il n'a pas l'habitude d'être avec des jolies filles comme ça". Famille contre famille. "Loana, c'est ma soeur et il faut pas trop y toucher", avertit le petit frère de la belle. Franco, le beau-père de Jean-Edouard, joue les rabat-joie avec son bel accent rocailleux. Il ne s'est pas très bien comporté, concède-t-il, les candidats devraient veiller à ne jamais perdre leur dignité.

Philosophe, le pompier de service commente : "Loft Story, tout le monde dit que c'est pourri mais tout le monde en parle". Un photographe de presse qui fait le pied de grue en attendant Fabrice, successeur de David, trompe l'ennui en s'essayant à l'humour noir : "Loft Story, c'est comme les otages de Jolo, les coupures de pub en plus".

Dans les bureaux de la production, une affichette rappelle aux techniciens la déontologie du moment : "N'oubliez pas que l'émission est diffusée en permanence (24h/24) sur TPS. De ce fait, merci de ne passer aucun plan d'organes sexuels masculins ou féminins (ni les seins), y compris dans la salle de bain".

Il doit pourtant y avoir des fuites. En se donnant un tout petit peu de peine, l'internaute moyen n'ignore plus rien des poitrines opulentes de Kenza, Delphine, Loana ou Julie.
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