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Vendredi 11 Mai 2001 à 00:00

Le Japon joue son avenir spatial avec la fusée H-2A

Le lancement prévu l'été prochain de la nouvelle fusée japonaise H-2A, présentée comme une concurrente de l'Européenne Ariane V, est crucial pour l'avenir du programme spatial japonais, en danger après une série d'échecs, selon son patron.

"L'industrie spatiale japonaise est dans une situation critique", affirme Shuichiro Yamanouchi, le directeur-général de la NASDA (National Space Development Agency of Japan). "Si nous ratons le prochain lancement, elle deviendra très difficile", ajoute-t-il dans un entretien à l'AFP.

La NASDA prévoit de lancer la H-2A probablement à la mi-août de la base spatiale de Tanegashima (sud). Avec cette fusée, dont la technologie est extrêmement avancée selon les experts, le Japon ambitionne de s'affirmer sur le marché des lanceurs de satellites commerciaux, actuellement dominé par les Etats-Unis et l'Europe.

Ce lancement avait été reporté de plus d'un an fin 1999 après deux échecs consécutifs de la H-2, qui, s'ajoutant à la perte d'un satellite, ont plongé l'industrie spatiale nippone dans la tourmente. "Les deux échecs ont fortement choqué l'opinion publique, à une période particulièrement difficile pour l'économie japonaise et alors qu'une partie de la population s'était mise à douter de la technologie nationale", explique M. Yamanouchi.

De ce fait, la réaction "a été très sévère", notamment dans la presse. Nommé en juillet 2000, M. Yamanouchi, 68 ans dont quarante ans dans les chemins de fer, s'est donné comme priorité de "rétablir la confiance" en réussissant le lancement de la H-2A. "Après cela, il faudra confirmer notre fiabilité en obtenant plusieurs succès consécutifs pendant deux ou trois ans", prévoit-il.

Une réussite permettrait de donner un nouveau souffle aux autres projets de la NASDA, comme la navette spatiale sans équipage Hope-X, actuellement en attente.

Pour M. Yamanouchi, les difficultés actuelles s'expliquent en partie "par le manque d'expérience". "Il ne faut pas oublier que le Japon n'a lancé qu'une trentaine de fusées contre entre 1.000 et 2.000 pour les Etats-Unis", souligne-t-il. "Or, l'accumulation d'expérience est primordiale dans cette activité très pointue".

La NASDA a été créée en 1969, l'année même où Neil Armstrong posait un pied sur la Lune. Après avoir utilisé le savoir-faire américain pour développer la fusée H-1, le Japon a ensuite rattrapé son retard avec la H-2, "un engin 100% japonais". Cette fusée, lancée en 1994, a été un succès technologique mais pas commercial, car elle n'a jamais été compétitive face aux lanceurs américains ou européens, en raison notamment de l'envolée du yen.

Le gouvernement a calculé que chacune d'entre elles revenait à un coût de 19 milliards de yens (170 M EUR), soit deux à trois fois plus que les engins étrangers. Même si elle sera moins chère, la H-2A n'inquiète guère ses concurrents, qui escomptent que ses premières années d'activité seront consacrées au lancement de la dizaine de satellites gouvernementaux en attente.

"Notre sentiment est que la H-2A sera davantage un partenaire qu'un concurrent", a d'ailleurs récemment déclaré à Tokyo Jean-Marie Luton, le PDG d'Arianespace, qui contrôle aujourd'hui 75% du marché japonais.

Echaudé par ses revers et le coût des programmes spatiaux, le Japon est décidé à privilégier la coopération internationale. "Nous allons collaborer essentiellement avec les Etats-Unis et l'Europe, peut-être un peu avec la Russie, mais cela sera sans doute impossible avec la Chine, avec qui les différences sont trop grandes", indique M. Yamanouchi.
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