Télévision par satellite, TNT, ADSL, Câble, fibre, OTT
Antennistes
Icon Facebook Icon Twitter Icon Rss
Bouton Newsletter TS
Jeudi 10 Mai 2001 à 00:00

Un effet Loft Story pour M6 en Bourse ?

Les analystes boursiers restent prudents sur l'ampleur d'un effet Loft Story sur le cours de M6 en Bourse, attendant les chiffres des recettes publicitaires pour vérifier si la chaîne privée a réellement décroché un jackpot.

Depuis le 26 avril, date où plusieurs millions de téléspectateurs ont commencé à scruter le quotidien de onze candidats reclus pendant dix semaines sous la surveillance constante des caméras, l'action de M6 s'est au total effritée de 0,63 %.

Le titre a en fait grimpé de près de 5 % entre le 26 avril et le 4 mai, pour se replier ensuite. Mercredi, il a clôturé en baisse de 3,23% à 31,45 euros. Sur un mois, M6 a cependant bondi de 25,70 %. Par rapport au début de l'année, le titre de la chaîne reste cependant toujours en baisse de 15,68 %, pâtissant, comme ses concurrents, des craintes de baisse des recettes publicitaires en raison du ralentissement de la croissance économique.

Pour plusieurs analystes qui ne souhaitent pas être cités, il y a bien eu en bourse un "mini-effet" Loft Story qui se résorbe déjà, mais pourrait repointer le 21 mai lors du déménagement de l'émission quotidienne en "acces prime time", en confrontation directe avec le Bigdil de TF1, vers 19h00.

Mais au-delà du tintamarre médiatique que suscitent les moindres faits et gestes de Kenza, Steevy ou Loana, les analystes s'empressent de souligner que l'émission ne dure que 10 semaines, que l'investissement de départ, dont le montant est top secret, est sûrement assez élevé pour une chaîne de la taille de M6 -- on parle d'une centaine de millions de francs-- et que les recettes publicitaires ne sont peut-être pas aussi fabuleuses qu'attendu, certaines grandes marques hésitant à associer leur image à celle d'un programme controversé.

Difficile donc de calculer si l'émission est rentable. "On ne va pas voir le chiffre d'affaires de M6 doubler parce que il y a Loft Story. C'est une émission qui ne dure que dix semaines et qui touche le +prime time+ seulement le jeudi", relativise un analyste spécialisé dans les médias.

"Il faut bien voir que 75 % à 85 % du chiffre d'affaires d'une chaîne de télévision se fait en +acces prime time+ et en +prime time+" (avant et après le journal télévisé du soir), souligne-t-il. Si le succès de l'adaptation française de "Big Brother" se confirmait sur la durée, les analystes pensent cependant que l'émission pourrait ajouter une croissance de 2 à 3 % au chiffre d'affaires de M6.

"Le problème d'un diffuseur, c'est de créer de la valeur par la différence entre l'évolution du chiffre d'affaires publicitaire et l'évolution des coûts de la grille de programmation. Or, M6, par rapport à TF1, est dans une stratégie d'expansion de son audience", explique un spécialiste.

Si M6 a été en mesure de "multiplier par deux ses tarifs publicitaires sur les derniers jours, on ne sait pas ce qu'il adviendra de l'audience, les gens peuvent très bien se lasser de ce programme et revenir sur le Bigdil", précise-t-il.

Aucun des analystes spécialisés dans les médias interrogés par l'AFP n'a modifié pour l'instant son appréciation sur le titre M6 à la lumière de l'opération Loft Story.

A long terme, l'émission de télé réalité "aura peut-être un impact sur l'image de M6, parce qu'elle risque de fidéliser une partie des téléspectateurs qui ne sont pas forcément habitués à aller sur M6 et qui découvrent justement qu'elle se mesure à des chaînes comme TF1", souligne un analyste.
‹  Actu précédente
Partager :
Actu suivante  ›
Marchés publics
Avis de délégation de service public
Hôpital d'Instruction des Armées Legouest : Avis de concession relatif à la gestion des services de téléphonie, de location de télévision et, en option, d'accès à internet.
» Consulter l'avis d'attribution