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Dimanche 3 Janvier 2010 à 00:00

France Télévisions: un an sans pub et une offre culturelle plus visible

Voulue par Nicolas Sarkozy contre la "tyrannie de l'audience", la fin de la publicité sur France Télévisions en soirée a accéléré une stratégie éditoriale engagée en 2005, rendant les programmes culturels plus visibles et creusant l'écart avec les chaînes privées. Les chaînes du groupe public (France 2, France 3, France 4, France 5 et France Ô) sont privées de publicité à partir de 20h00 depuis le 5 janvier 2009, prélude à une suppression totale prévue fin 2011. Le chef de l'Etat avait annoncé cette réforme un an auparavant, à la surprise générale. Présentée comme l'une des plus importantes de son quinquennat, elle doit libérer la télévision publique de la "tyrannie de l'audience" et lui rendre les "moyens de sa spécificité". Sa réforme, controversée, a-t-elle porté ses fruits ? Faut-il mettre à son crédit la production du documentaire Apocalypse ou des contes et nouvelles de Maupassant, importants succès d'audience ? Ces programmes emblématiques du service public étaient décidés bien avant l'annonce de la fin de la publicité, souligne France Télévisions. "Le virage éditorial, consistant à rechercher la qualité maximum au service du plus grand nombre, a été engagé en 2005. On n'a pas attendu janvier 2008", rappelle Patrice Duhamel, directeur général des antennes du groupe présidé par Patrick de Carolis. La réforme a donc "validé" la stratégie et creusé le fossé avec les chaînes commerciales qui ont "multiplié les séries américaines", observe M. Duhamel. Si France Télévisions ne "sacrifiait jamais une émission sur l'autel de l'audience", l'absence de "pression commerciale" des annonceurs a permis davantage de prise de risque, comme le montre la grille des fêtes de fin d'année: "Le Bourgeois gentilhomme" ou "Carmen" n'auraient sans doute pas été programmés avec de la publicité car leur audience est limitée, relève-t-il. Résultat: le spectacle vivant (théâtre, opéra...), le documentaire, les fictions patrimoniales (type "Louis XV") ont été renforcés en 2009, au-delà même de ce qu'impose le nouveau cahier des charges. Une bonne dizaine de pièces ont par exemple été diffusées en 2009 contre 4 en 2008 sur France 2, avec l'audience au rendez-vous, indique Nicolas Auboynneau, en charge de la culture et du spectacle vivant. "Mais est-ce que parce qu'on programme plus de pièces, pour beaucoup des vaudeville, qu'on fait quelque chose de culturel?", s'interroge François Jost, professeur en sciences de l'information. "On a mis des étiquettes sur les programmes sans débattre sur le fond", regrette le sociologue, qui rappelle que dans les années 1960, on pouvait voir Beckett ou Eschyle à la télé. "Il y a Arte pour cela. On ne veut absolument pas risquer une perte de confiance du téléspectateur", répond M. Duhamel. L'offre culturelle, enrichie, est surtout devenue "plus visible" pour le téléspectateur, à la faveur d'une "restructuration des horaires", remarque Pascal Josèphe de l'institut Imca. Les soirées commencent à 20h35 au lieu de 20h50 sur France Télévisions, poussant d'autres chaînes comme Arte à démarrer plus tôt, pour un meilleur "confort" du public, note ce spécialiste de l'audiovisuel. Dans la foulée, la deuxième partie de soirée a gagné près d'une demie-heure et les magazines d'information comme "Mots croisés" et "Complément d'enquête", ou l'émission culturelle de Frédéric Taddeï ont gagné des téléspectateurs... mais perdu en part de marché puisque vers 22h, il y a au total davantage de téléspectareurs devant leur écran, toutes chaînes confondues. Et passé 23 heures, l'audience globale de la télévision a un peu baissé.
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