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Vendredi 22 Janvier 2010 à 00:00

Le débat politique, un genre en déshérence à la télévision

Peur de la confrontation chez les hommes politiques, manque d'audace des chaînes, difficulté à renouveler le genre: les émissions politiques, cantonnées à la télévision publique, peinent à organiser des débats contradictoires en dehors des périodes électorales. Le petit écran regorge pourtant de rendez-vous politiques: élus, ministres et responsables de partis ont vu leur exposition médiatique se multiplier avec les chaînes d'information et les chaînes parlementaires de la TNT gratuite. Mais le face-à-face classique entre deux politiques a presque disparu sur les grandes chaînes aux heures de grande écoute. "On a de plus en plus de mal", témoigne Nicolas Demorand, présentateur de "C politique" sur France 5, qui a eu beaucoup de difficultés à organiser un débat avec Roselyne Bachelot et Jean-Marie Le Guen (PS). "Il y a un goût pour le monologue sécurisé. Et comme il y a une foule de créneaux à la télé, il est facile d'esquiver un format gênant", observe-t-il. Car un débat représente un risque et beaucoup préfèrent les émissions dites de "notoriété" comme "Le grand journal" sur Canal+ ou celle de Michel Drucker. "Des hommes politiques m'ont déjà dit +je ne peux pas venir, je fais le grand journal+", raconte Nathalie Saint-Cricq, rédactrice en chef d'"A vous de juger", au coeur d'une polémique la semaine dernière après le désistement surprise de Vincent Peillon (PS). En dehors des périodes électorales, "A vous de juger" est la seule émission régulière de débat politique en prime time sur une grande chaîne (2,5 millions de téléspectateurs en moyenne). TF1, qui a délaissé le genre depuis belle lurette, ne propose que de très rares soirées avec un "panel" de citoyens, un concept inauguré pendant le référendum de 2005 avec Jacques Chirac et la campagne de 2007, et qui sera proposé lundi avec Nicolas Sarkozy. "La pente est plutôt descendante depuis dix ans, liée au phénomène de rejet des élites", constate Alain Duhamel, éditorialiste à RTL. Pour le sociologue Arnaud Mercier, la chute a commencé à partir des années 1990, dans un contexte de "désenchantement démocratique". Il y a cependant des phases, nuance Mme Saint Cricq: le genre se requinque en périodes électorales mais également dans des périodes de crise, comme le CPE en 2006. Il y a aussi les bons clients, comme l'était Sarkozy ministre de l'Intérieur. "Depuis qu'il est président on a du mal... et puis son ouverture a asséché l'apétence de politique", souligne Mme Saint-Cricq. A l'époque de "L'heure de vérité", émission phare des septennats de François Mitterrand, "on avait un vivier de personnalités hautes en couleur: Georges Marchais, Mitterrand, Raymond Barre, Michel Rocard...", se souvient-elle. Aujourd'hui, les sujets sont plus complexes, les clivages idéologiques dilués. Mais les chaînes ont, elles aussi, leur part de responsabilité estime Gilles Leclerc, président de Public Sénat et ex-patron du service politique de France 2, qui note que la frilosité des politiques ne date pas d'hier. "Il y a un manque global d'inventivité", bien qu'il n'y ait pas 36 façon de renouveler le genre, selon le journaliste. M. Duhamel fustige, lui, une "absence d'ambition" des chaînes et juge "anormal que TF1, première chaîne d'Europe", n'organise pas d'émission politique régulière. La principale forme de renouvellement a été la confrontation avec les citoyens, "une manière de répondre aux critiques de l'opinion sur les politiques coupés du peuple", fait valoir M. Mercier. Mais sans contradicteur politique, ces émissions prêtent le flanc aux accusations de "populisme", avec des journalistes réduits au rôle de "passe-plat", selon le SNJ-CGT.
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La planète se refroidit | Samedi 23 Janvier 2010 à 09:05
Ce qui a conduit à cette situation, c'est tout simplement l'uniformisation de la pensée politique des deux principaux partis français que sont l'UMP et le PS. Et les médias, en participant activement à la marginalisation et/ou la diabolisation des autres partis, ont activement contribué à ce phénomène; lequel connaît actuellement une sorte "d'apothéose" avec le gouvernement mi-UMP, mi-PS constitué par N. Sarkozy.
Les représentants UMP et PS ont beau fanfaronner devant les caméras en faisant semblant de s'opposer sur tel ou tel dossier, ils font en réalité la même politique une fois au pouvoir à quelques nuances près. Nuances qui, dans les faits, ne vont pas beaucoup plus loin que de savoir à qui on prendra l'argent pour augmenter les dépenses et l'endettement de l'état.
Mais au fond, rien ne change, et pour une bonne raison : c'est que nos soi-disants gouvernants ne sont plus que les exécuteurs d'ordres venus de plus haut. Il faut savoir par exemple que plus de 80% de l'activité législative française consiste uniquement à transposer en droit français des directives européennes, dictées par une commission non élue et totalement impliquée dans le processus de mondialisation orchestré par les Etats-Unis.
Si on veut voir renaître un véritable débat politique (et pas seulement à la télévision, mais en général), il faudra permettre de s'exprimer aux partis de tous les bords qui proposent des alternatives à notre inféodation actuelle à l'Europe. Et pour cela, les médias AUSSI devront changer de mentalité et cesser toute promiscuité trop poussée avec le monde politique afin de retrouver un minimum d'impartalité, nécessaire à leur crédibilité.
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